Mes séquelles
Publié le 27/10/2008 à 12:00 par familysecret
Acte 1.
Je dois avoir 7 ans. C’est l’automne ou l’hiver car je porte un gros anorak couleur prune. Jeudi matin. C’est l’heure de partir pour l’école. Je ne retrouve pas mon anorak. Je commence à paniquer car je crains la scène d’hystérie et la sentence qui risque de tomber. La Mère s’aperçoit bien vite de la situation. La crise d’hystérie ne tarde pas à arriver. Elle se met à chercher à grands mouvements cet anorak. Corinne attend patiemment sans rien dire. Je sais qu’elle sait que j’ai peur. Nous devons partir si nous ne voulons pas être en retard. Ca y est, l’explosion a lieu. A gros coups de ceinture, La Mère veut m’apprendre à ne pas oublier mes affaires. Elle hurle que j’ai oublié mon anorak hier à la piscine. Je pleure à grosses larmes et tandis que j’évite les coups, je ne peux m’empêcher de penser que je me serais aperçu de cet oubli dès que j’aurais mis le nez dehors. Il fait froid dehors. Les larmes m’empêchent de parler. J’essaie surtout d’éviter la boucle de la ceinture qui m’a déjà écorché le visage. Les coups pleuvent. Comme toujours, La Mère se déchaîne. Cela s’arrête enfin. La Mère me jette un autre manteau qui dans mes souvenirs appartient à Corinne. Nous partons toutes les deux. La Mère apparaît dans le couloir et me hurle que j’ai intérêt à m’arrêter de pleurer tout de suite. Je ne gémis plus mais je ne peux pas m’arrêter de pleurer. J’ai reçu trop de coups et je crains le regard de mes camarades lorsqu’ils verront mon visage écorché. Je me souviens du visage de cette voisine dans l’ascenseur, une dame blonde, la femme de celui que Les Parents appellent « paysan ». Elle me lance des regards apitoyés. Je sens qu’elle me comprend et je trouve dans ses yeux le réconfort qu’il me manque…
Acte 2
L’heure du goûter. Aux questions que lui pose La Mère à propos de mes « pleurnicheries », Corinne raconte de quelle manière j’ai continué à pleurer et comment la femme de « paysan » me regardait. Je garde la tête baissée dans la crainte d’une nouvelle crise d’hystérie.
Acte 3
Avant de passer à table. La Mère s’adresse à moi. « Au fait Pierrette, ton manteau n’était pas perdu, c’est ton papa qui est rentré hier soir qui a posé son manteau sur ton anorak. Tu pourras le mettre demain ». Mon cœur d’enfant est soulagé. Je ne suis pas coupable.
Ma première journée au Château de Versailles. Merveilleuse journée. Un pique-nique avec toute la classe. Je suis au CM1. Parfois quand Les Parents sont loin, je me sens une petite fille comme les autres. Je m’autorise à rire, à jouer avec tout le monde, filles et garçons, à courir, à sauter, à me rouler dans l’herbe…Merveilleuse journée… Le soir en rangeant mes affaires La Mère s’aperçoit que je n’ai pas la ceinture de mon imperméable. La peur m’envahit. Je l’ai perdue en jouant et je ne l’ai pas vu. La porte de l’armoire s’ouvre. La Mère, hystérique, s’approche la ceinture à la main…
Je reviens de chez ma psy. Ce soir, nous avons essayé de savoir comment et pourquoi, à certaines périodes, je perds mes affaires. Depuis le temps qu’elle me suit, ce n’est pas la première fois que je perds mes affaires. J’ai déjà à maintes reprises faillit oublier des affaires chez elle. « Cela ne m’a jamais servie à rien d’être frappée, je continue aujourd’hui encore je continue à perdre mes affaires. C’est la première fois que je lui parle de ces deux évènements. C’est la première fois que je les rends publics.
Publié le 23/10/2008 à 12:00 par familysecret
Je me réjouis depuis quelques temps de voir les progrès que je fais. Je commence à me débarraser de certaines de mes terreurs. Certaines d’ailleurs ont complètement disparues. Ainsi, je peux désormais descendre seule à la cave de notre immeuble. Je ne crains plus d’y rencontrer des esprits, mon imagination ne me fait plus sursauter ou courir au moindre bruit. Depuis peu, une de mes plus grandes angoisses s’atténue. Mon amoureux n’en revient pas. Il n y croyait plus lui qui avait tout fait pour essayer de m’aider. Il y a 3 ans, excédé, il avait baissé les bras et très en colère m’avait demandé de renoncer. Je suis fière de lui parler de mes progrès. J’en parlerai avec plaisir sur ce blog lorsque cela fera parti du passé.
En 11 ans, Jenny n’a jamais mis les pieds chez moi. Nous sommes restées fâchées durant un an entre 1997 et 1998. Depuis nous communiquons par mails à de rares occasions, des SMS ou des conversations téléphoniques lorsque cela est nécessaire. Nous nous voyons au maximum une fois par an chez Les Parents. Nous nous tenons à distance l’une de l’autre et je pense que cela vaut mieux. Pourtant, c’est à elle que j’ai demandé de lire la première Lecture au cours de la messe de baptême de ma puce. Mon amoureux y a vu une grande avancée. Après 7 ans de psychanalyse, je pense également que j’avance, doucement mais sûrement.
Pourtant…
Cela m’arrive par période depuis des années. Depuis la rentrée, je perds mes affaires. Pas n’importe lesquelles. Pas ma liste de courses ou mon paquet de mouchoirs. Non, uniquement des choses importantes, vitales, indispensables pour moi, mon travail, les autres. Uniquement des choses que je ne dois absolument pas perdre. Comment, je les perds ? Aucune idée. Je ne m’en aperçois que bien longtemps après. Lorsque j’essaie de repasser en mémoire ma journée, je n’arrive pas à m’expliquer comment j’ai pu perdre mes affaires. Comment est-ce possible ? Qu’est ce que j’ai pu faire pour perdre quelque chose de si précieux, de si important pour moi?
C’est comme si je ne pouvais pas avancer sans être punie en retour.
Vendredi dernier, j’ai fait 3 cauchemars dans la même nuit. Dans le premier, j’étais dans une salle non éclairée. L’atmosphère était grisâtre. Etait-ce la nuit ou bien le temps était-il gris ? Je hurlais. Je criais le nom de Tita de toutes mes forces et je l’insultais avec une haine incommensurable. Je la traitais non seulement des noms les plus infâmes et les plus grossiers mais je me souviens que je lui souhaitais d’être en enfer et de souffrir pour l’éternité. Plus je hurlais, plus cela m’était agréable. Tout à coup, deux esprits pénétraient avec violence dans la pièce, l’un me liait les mains tandis que l’autre tentait de faire la même chose avec mes pieds. Je me débattais avec violence mais sentais bien que je n’avais pas le dessus… Je me suis réveillée en sursaut avant qu’ils aient eu le temps de m’emmener. Les deux autres rêves sont moins significatifs mais tout aussi violents. Je crois que cette nuit symbolise bien ma vie. Derrière mes avancées et une vie quotidienne propre à d’autres humains, je traîne derrière moi des fardeaux qui me pèsent et m’handicapent.
Une vieille prière me revient en mémoire :
« Jusques à quand, Éternel ! m'oublieras-tu sans cesse ?
Jusques à quand me cacheras-tu ta face ?
Jusques à quand aurai-je des soucis dans mon âme,
Et chaque jour des chagrins dans mon coeur ?
Jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ? »
(Psaume 13)
Publié le 23/07/2008 à 12:00 par familysecret
Message de La Mère sur le répondeur. C’est mon amoureux qui l’entend alors que je suis dans la chambre. Il ne comprend rien au discours confus de La Mère. D’autant plus que sa voix enrouée par l’émotion n’arrange. Un peu décontenancé, mon amoureux finit par m’appeler. J’écoute et moi je comprends ce qui ressemble à un délire mais qui n’en n’est pas un. Au fur et à mesure, mon cerveau remet de l’ordre dans ce que mes oreilles entendent.
« Corinne m’avait envoyé une belle petite carte. Elle est en vacances, bon, c’était bien. Mais là, elle a envoyé une 2ème carte. Elle parle de Caincains. Qu’elle n’a pas vu de caincains. Moi, j’en ai assez de tout ça. Je ne veux plus parler de tout ça. J’ai finit avec toutes ses histoires. Voilà. Je ne vais pas bien du tout depuis que j’ai reçu cette carte. Je n’ai rien dit à ton papa. Je ne veux même pas lui parler de ça. Mais là ma journée, elle ne sera pas bien… »
Mon amoureux semble encore plus perdu. Il faut dire que je pleure de rire et que j’ai du mal à parler. Enfin ma crise passe et je tente de lui expliquer.
Ce n’est pas la première fois que Corinne envoie ce type de carte aux Parents. Elle écrit à La Mère mais le message est en réalité adressé au Père. Ce Père qui n’a jamais accepté mon beau-frère Daniel, qui a accusé ce dernier d’avoir ensorcelé ma sœur pour pouvoir l’épouser et qui ne s’est pas rendu à leur mariage. (J’écrirai un post sur cette malheureuse histoire). C’est Raphaëlle qui a lâché le morceau. Elle qui d’ordinaire est la discrétion même, a fini par avouer à Corinne la raison de la haine viscérale du Père pour mon beau-frère. Depuis, Corinne rumine et ne peut s’empêcher d’envoyer des petits pics aux Parents. La Mère m’avait récité de mémoire la première carte qu’elle avait reçue « Nous n’avons pas rencontré de caincains et de toutes les façons, nos amis n’imaginent pas Daniel avec un boubou. » Caincains et boubou font référence aux multiples marabouts chez qui notre cher Père nous a traînées.
J’appelle La Mère. Comme d’habitude, c’est Le Père qui décroche. « Bonjour, ça va ?, Ca va, J’appelle pour dire qu’on a passé un bon week-end et que je vais envoyer les photos, Bon , je te passe ta maman » J’ai bien compris qu’il ne sait rien de cette carte postale et qu’il ne doit pas savoir. La Mère me parle à mots couverts. Je suppose que Le Père n’est pas loin. Moi aussi, je parle à mots couverts. « J’avais dit à Corinne d’aller voir un psychanalyste. Je lui avais même donné l’adresse d’un psychanalyste. Ca lui aurait fait du bien de pouvoir parler à quelqu’un, qu’il y ait quelqu’un qui l’écoute et qui la comprenne » « Ouais, ouais ». La Mère ne répond pas, elle comprend mon message.
Tandis que j’explique à mon amoureux ce qui est en train de se jouer sous ses yeux, je ne peux m’empêcher de penser à la pathologie familiale. Il y’a quelques jours, Corinne a envoyé une première carte de vacances, normale, avec les mots d’usage. Puis, elle a ressenti le besoin d’en envoyer une 2ème où se devinent sa colère et son ressentiment. Rumination. Ce mot me revient comme en boomerang. C’est ce dont je souffre depuis des années. Ce qui m’empoisonne la vie et altère mes relations avec les autres. Vu de l’extérieur, le comportement de Corinne me paraît complètement fou, névrotique, absurde, inutile, bête. Pourtant, je me vois en elle. Je sais ce qui s’est passé dans son esprit parce que c’est comme cela que je fonctionne. Ce que je n’ai pas dit à La Mère, c’est que tant que les choses ne seront pas mises à plat, tant que les choses ne seront pas dites, la vérité reconnue et assumée, tant que des regrets n’auront pas été exprimés, il y aura d’autres cartes mais aussi d’autres mots, d’autres crises de la part de Corinne, de Jenny, de ma part bien sûr mais aussi de Raphaëlle.
Ce n’est pas encore demain que mes sœurs et moi trouverons la paix.
Publié le 20/06/2008 à 12:00 par familysecret
« Quoiqu'il en dise, et à son insu, l'homme garde toujours au fond de son cœur un reste de rancune envers celui qui lui a fait du mal, même s'il est bien convaincu qu'il n'en est rien. » Adrien Therio
Jour ou nuit. Partout, dans la cuisine, à mon bureau, dans mon bain, au cinéma. Pour un simple mot, pour un rien. Seule ou accompagnée. Cela est perpétuel.
Cela vient tout à coup sans prévenir. La colère monte et m’empêche de penser à quoi que ce soit d’autre. Je me mets à parler seule, à vider mon sac, à faire des reproches, à hurler ma rancune. En réalité, il n’y a jamais personne en face de moi pour m’écouter. Personne d’autres que mes souvenirs et la résurgence de mon vécu.
Mon amoureux m’a dit maintes fois que cela l’effraie et le met mal à l’aise. J’en ai parlé à ma psy. Rien n’y fait. Un jour j’ai surpris le regard de ma puce. Elle était dans son transat, âgée de quelques mois et me regardait, moi sa mère, déversant mon fiel avec hargne. Je me suis arrêté subitement et ai commencé à faire le pitre pour la faire rire. J’y pense encore à ce regard mais je n’y arrive pas. Je ne peux pas contrôler mon flot de haine.
La Mère a daigné m’appeler il y’a deux jours. Nous n’avions presque rien à nous dire. Après 4 mois en Martinique, elle est rentrée i l y’a 15 jours. Je savais qu’elle était en France, elle a appelée Corinne et Raphaëlle le jour même de son arrivée. Aujourd’hui, Le Père l’a emmenée en visite chez Raphaëlle. Jenny était présente également. La Sainte-Famile se reforme mais sans moi. Il y’a comme une gêne, comme un malaise entre Les Parents et moi. Ils savent que je n’oublie pas et que je n’oublierai jamais. Ils me savent capable d’étaler au grand jour leurs méfaits et de casser ainsi l’image de la Sainte-Famille idéale.
En octobre, cela fera 14 ans que Tita est morte. Cela fait quelques années que j’ai quitté le domicile parental. Les ravages se font encore sentir.
Publié le 29/03/2008 à 12:00 par familysecret
Environ un mois après mon embauche, j’ai surpris une conversation entre ma collègue et ma chef dans laquelle cette dernière parlait d’une « miss Beauté ». Elles ont eu l’air gênée de mon entrée surprise dans le bureau et m’ont avoué un peu confuse que c’est de moi dont elle parlait : elles me trouvaient belle.
Il y’a 8 ans, j’avais réussi un concours d’entrée dans une école réputée, afin d’être formée à un métier qui ne m’intéressait absolument pas (j’étais encore en période d’errance). Lors d’une pause inter cours, une pétasse que je n’aimais vraiment pas avait demandé aux quelques personnes présentes, laquelle d’entre les femmes de notre notre groupe était belle. L’un des hommes, marié mais aimant la compagnie des femmes avait cité mon nom. Quelques mois plus tard, un autre m’avait écrit un petit mot en plein cours dans lequel il me faisait part de son désir de me faire l’amour. Il me parlait de mes yeux, de ma bouche, de mes seins, de mes jambes. A la fin du cours, il était venu me retrouver pour me proposer d’être sa maîtresse lui qui essayait d’avoir un enfant avec sa copine. J’en étais restée sans voix.
Mon amoureux me trouve belle. Il me trouve très élégante. Il est fier de mes longues jambes, de mes cheveux fins. Malgré les quelques kilos qui me restent de ma grossesse, et mon ventre encore proéminent, il aime mon corps. Il me fait remarquer que je suis élancée, que je ne fais pas mon âge, que notre fille ne serait pas aussi belle avec une mère au physique ingrat…
Je me souviens aussi que lorsque j’étais enceinte, ma belle-mère me disait belle…
J’avais 8 ans quand je me suis vue dans la glace de la salle de bain et que je me suis trouvée laide. Je m’en souviens comme si c’était hier. Je revois ma mine horrifiée en dévisageant mes traits. Je me revois secouant la tête de gauche à droite en découvrant cette triste vérité « Je ne suis pas belle ». Pendant des années, rien ni personne n’est venu démentir cette certitude que je me suis mise dans la tête ce jour-là. Comment et pourquoi cette idée s’est elle installée en moi? Auparavant, jamais ni les paroles, ni les regards des Parents ne m’avaient laissé supposer que j’avais une quelconque grâce. Pour eux j’étais un être « mauvais » et j’étais « bonne élève » Ce dernier point représentait l’essentiel pour eux. A leurs yeux, seuls mes résultats scolaires avaient de l’importance. Bonne élève = longues études = « beau métier » (= beaucoup d’argent). Pour le reste, mes sœurs et moi n’étions rien sinon un exutoire à leurs pulsions sadiques. Aux yeux des autres membres de la famille, deux personnes pourtant sortaient du lot : Corinne et Raphaëlle. Chacune ayant sa préférée, les discussions allaient bon train entre notre grand-mère, nos tantes et nos oncles. « C’est Corinne la plus belle », « Ah non, ma préférée c’est Raphaëlle ». Pour Jenny et moi, les jeux étaient faits, nous n’étions pas belles. C’était évident puisque personne ne nous trouvait belles. Mauvaise, laide mais bonne élève. C’était moi.
Pourtant, comme toutes les petites filles, je rêvais d’être une princesse. Le soir allongée dans mon lit, je me voyais habillée de rose et de brillant, illuminant le monde. Le lendemain, debout près de mes camarades de classe, je me redevenais un vilain canard. Toutes les filles me semblaient des millions de fois plus belles que moi. Dès l’enfance, j’ai développé un complexe d’infériorité par rapport aux autres filles. Aujourd’hui, lorsque je regarde les photos de classe nous représentant, la première chose qui me frappe, c’est le contraste entre le désespoir qui se lit sur mon visage et le sourire et les yeux illuminés des autres élèves. La différence entre eux et moi me semble évidente. Il ne s’agit pas purement de caractéristiques physiques mais d’amour. L’amour qu’ils ont reçu et qui les fait paraître si beaux. L’amour que je n’ai jamais reçu.
Bouc émissaire au collège, mal habillée, jamais invitée dans les boums ni ailleurs, mon image me rebutait. Grande et maigre, myope, des boutons d’acné, sur le visage, Dame Nature m’en voulait décidemment beaucoup. Les moqueries de mes camarades, leur rejet ne faisaient que me confirmer que j’étais laide.
A l’université, je voyais mes amies accumuler les demandes d’invitation à sortir, et plus si affinités. Possédée par un diable qui faisait fuir tous les hommes autour de moi, comment aurais-je pu avoir une bonne image de moi ?
Aujourd’hui, il est trop tard. Le mal est fait. Trop de souffrance accumulée. Trop d’insultes et de mépris emmagasinés. Aucun des compliments qui arrivent maintenant ne me touchent. Aujourd’hui encore, je me couche le soir en rêvant que je suis quelqu’un d’autre.
Je suis à chaque fois émerveillée lorsque je regarde ma puce. J’adore son sourire, les progrès qu’elle fait chaque jour. J’aime l’habiller, la photographier, la filmer. Je me nourris de son odeur, de la douceur de sa peau, de son ingéniosité, de ses étonnements. Je fonds dès qu’elle pleure et fais le pitre pour changer ses colères en rires. Je la couvre de baisers qu’elle accueille toujours avec un grand plaisir. Tout le monde la trouve câline et très agréable. Elle est délicieuse. Je la trouve belle et me plais à le lui souffler dans le creux de l’oreille, comme un secret entre elle et moi. « Tu es belle ma chérie et je t’aime très fort ».
Publié le 21/02/2008 à 12:00 par familysecret
« Nul ne peut servir deux maîtres à la fois… »
(Mathieu, 6, 24 ; Luc 16,13)
12 h. Messe
15h30 Chapelet
17h00 Adoration
18 h00Vêpres
20h00 Messe
Entre chaque rituel, prier, prier, prier. Au revoir à demain pour le même programme.
Nous sommes en 1995. Sans travail, désespérément seule, sans véritables amis, sans amoureux, je ne consulte plus Mme T. Noëlle, elle, a réussi à reconstruire sa vie. Il y’a trois ans, 5 mois après notre visite chez Mme T. , elle a rencontré l’homme de sa vie. Cette année un 2ème enfant pour elle, un premier bébé pour lui est en préparation. Eléonore, une de mes amies que j’ai emmenée dans la petite chapelle de Mme T. a enfin réussi à avoir le bébé dont elle rêvait depuis 7 ans. Pour ma part rien. Rien de bien ne m’est arrivé qu’il s’agisse de ma vie professionnelle ou privée. Si ce n’est le diable qui est sorti de moi, ce qui je le reconnais est déjà énorme. En dehors de cela, j’accumule les petits boulots merdiques, payés trois francs six sous. Impossible d’avoir un logement dans ces conditions. Après 4 années d’études supérieures, je vis toujours chez papa maman. Epuisée, je sens que j’arrive au bout de quelque chose. La sorcellerie, le vaudou, pour moi c’est fini. Trop de choses m’ont laissé sceptique. Les rituels préconisés qui n’ont rien donné lors de mes recherches d’emploi. Les informations données lors des séances de voyance sur mes éventuels petits amis et qui se révèlent être complètement fausses. Par-dessus tout quelque chose que je connais bien : la manie de me faire parler pour obtenir les réponses qui lui manquent. Trop de faux espoirs. Trop d’argent dépensé. Trop de doutes. Un jour sur Canal +, Philippe Vandel présente en direct à un public hilare, le spray anti-démon qu’utilise Corinne à chaque fois qu’elle prend sa voiture.. Je reconnais le flacon rose utilisé par ma soeur. Lorsque l’animateur se met à lire le mode d’emploi mes yeux s’ouvrent. Oui, c’est vrai, Corinne est ridicule à vaporiser du spray dans sa voiture pour faire fuir le démon. Petit à petit je me détourne des grigris et autres rituels. Il ne me reste que la prière. Tous les jours je hante l’église Notre Dame des Victoires et j’y passe la journée. Je n’en sors que pour aller m’acheter un petit en cas quand mon ventre commence à crier famine. Je prie, je prie, je prie. C’est désormais mon seul recours.
Au sein de la Sainte-Famille, grande nouvelle. Le Père a été « initié ». Une « chapelle » a été aménagée dans l’un des coins de la chambre des Parents. Adieu tortue de Tita suspendue au-dessus de leur porte. La chambre des parents a changé de décor. Désormais on y trouve derrière un rideau confectionné par la Mère, une petite table avec un rosaire, des chapelets, des statues de Saints, St Michel, St Antoine, St Joseph, St Christophe,…, des bougies et un chandelier à trois branches (ce dernier ne doit être allumé que le 26 du mois, jour où Mme T. est venue la première fois afin de « nettoyer » la maison). Tous les soirs à 19h00, Le Père fait sa prière. Interdiction formelle de le déranger à ce moment là sous peine de provoquer ses foudres. Bien entendu, cette prière du soir ne se déroule pas simplement. Avant de commencer, Le Père enfile sa tenue : blouse blanche en coton et petit chapeau blanc assorti. Il me semble que c’est La Mère qui lui a cousu ses vêtements selon les indications de Mme T. La première fois que je l’ai vu vêtu ainsi, j’ai faillit éclater de rire. Quoiqu’il en soit, à force de persévérance, il a réussi à développer ses dons. Maintenant, il « voit ». Lui aussi peut faire des séances et prescrire des moyens de guérison. La Mère très fière me l’a annoncé et m’a informé que si je le souhaite, je peux aller lui parler. Je ne sais plus comment je l’ai envoyé sur les roses mais elle l’a très mal pris.
Un jour qu’elle-même est en séance avec le Père, j’entends la voix de ce dernier presque lointaine : « Ne vous inquiétez pas votre mari mourra de mort naturelle ». Quelques semaines plus tard, Corinne qui a eu elle aussi sa « séance » me relate un peu bouleversée les échanges qui ont eu lieu. La malheureuse a confié au prétendu « St Michel » qu’elle sort avec un homme marié et lui a demandé conseil quant à ses difficultés relationnelles avec lui. La réponse de ce dernier a été sans appel « Arrêtez vos conneries ». « Tu te rends compte, comment il me parle St Michel ? » Comment lui dire que j’ai pris de la distance avec tout cela, que cela ne m’intéresse plus et que j’ai envie de m’investir dans autre chose, que je veux une autre vie ? La Mère revient à la charge. A l’époque, je viens d’obtenir un nouvel emploi en contrat emploi solidarité ou CES, nouvelle arnaque de l’époque pour les chômeurs de longue durée. Je n’ai rien dit de la nature de mon contrat, j’ai juste annoncé que je travaille à mi-temps. « Ton papa m’a dit de ne pas te le dire pace que tu ne vas pas le croire, mais ton travail tu vas y rester, et tu vas même gravir les échelons ». Je la regarde sans sourciller. Je n’ai même pas la force de soupirer.
Presque un an plus tard. La Mère me raconte la dernière séance qu’elle a eue avec le Père et m’explique pourquoi elle n’en a plus jamais eu par la suite.
- Il a commencé par me dire « Est-ce qu’il y’ a quelque chose que vous avez fait dans votre vie, et que vous voudriez avouer, quelque chose que vous avez fait à votre mari ? ». Alors, je lui ai répondu : « Hum, hum, dès que tu commences avec tes conneries que j’ai eu des amants, je sais que tu n’es pas St Michel. Hum, hum, Tu arrêtes tout de suite, je ne t’avouerai jamais rien. » et puis, il est redevenu normal, il ne m’a rien dit et je suis sorti de la chambre.
Cette fois j’éclate vraiment de rire.
Et pourtant, ce diable je l’ai eu en moi. Je les ai bien vécues, ces trois années d’agression, et d’isolement. Je le sais que cette femme l’a fait sortir de moi. Je me souviens de cette espèce de rot quand il est entré en moi, et de cette sensation identique quand elle m’a annoncé qu’il était sorti.
Comment vivre avec ces contradictions ?
Publié le 29/01/2008 à 12:00 par familysecret
« Quand on n'a que la haine
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours »
(D’après « Quand on a que l’amour » de Jacques Brel)
Dimanche, déjeuner chez les Parents. Repas sympathique. Echanges calmes. R.A.S.
Cela fait quelques années que la Sainte-Famille ne se réunit plus pour les fêtes de noël. La raison invoquée : la difficulté à se réunir à cause de notre emploi du temps. Jenny travaille pour un grand groupe international, elle est rarement en France pendant les fêtes. Raphaëlle est souvent de garde à l’hôpital durant cette période. Corinne et moi en profitons pour aller dans nos belles-familles respectives. La vérité est que :
1. Jenny et Corinne ne s’adressent plus la parole et s’ignorent royalement depuis 10 ans.
2. Après une querelle qui a duré 1 an et demi, Jenny et moi ne pouvons communiquer ensemble que par mail ou SMS. Qu’il est long le chemin qui mène au pardon…
3. Le Père n’a jamais accepté le mari de Corinne. Il ne s’est même pas rendu à leur mariage, mais ceci est une autre histoire.
4. Les vérités que nous avons exhumées et envoyées à la figure des Parents leur ont éclaté en pleine face. Une gêne s’est installée entre eux et nous, leurs filles.
Depuis nous entretenons des relations courtoises mais sans chaleur, sans amour, sans désir de se retrouver. En restant en contact avec eux, nous accomplissons notre devoir comme ils ont accompli le leur en nous donnons à manger et en nous soignons. De leur 4 filles, je suis la pire. Contrairement à mes sœurs qui accomplissent leur corvée régulièrement en bonnes filles chrétiennes, je vois les Parents très rarement. Tous les deux ou trois mois environ. Un détail ne trompe pas. Ma puce qui ne les reconnaît pas, se comporte avec eux comme s’ils étaient des étrangers. Elle se cache dans mes bras dès qu’ils font mine de l’approcher. Je sais qu’ils en souffrent. Quelques petites phrases sont lâchées ça et là : « C’est normal, elle ne nous connaît pas. On va se voir plus souvent ». Je leur dis oui en sachant que je ne ferai pas d’effort. Cette situation me convient. Loin d’eux, j’essaie de me reconstruire.
Depuis quelques temps, je sens comme un vide en moi. Une grande fatigue et un vide. Je crois qu’on appelle cela « avoir le blues ». Cela arrive par période sans prévenir. La haine qui me remplit depuis mon adolescence, haine envers mes parents ou envers les personnes qui m’ont fait du mal est en train de disparaître. Je sens que la rancune se dissout peu à peu. J’ai encore des crises durant lesquelles je me mets à parler toute seule, à ruminer mais la haine est moins forte. Je n’oublierai jamais mais je me souviendrai sans haine. Je me fâche et me vexe moins facilement qu’avant. J’ai l’esprit moins belliqueux. Cette haine qui s’en va me laisse un grand vide. Elle m’a structurée, m’a soutenue pendant des années. Moi qui n’ai connu que le mépris et le rejet de mes parents, je ne connais que ce sentiment. Cette haine est même encore plus grande que l’amour que je peux avoir pour mon amoureux et ma puce. Elle m’a dominée, écrasée toute ma vie. Quand elle disparaîtra complètement, si cela arrive, qu’arrivera t’il ensuite ? Comment vais-je vivre sans haïr ?
Ma puce et mon amoureux, priez pour moi, pauvre pécheresse.
Publié le 17/01/2008 à 12:00 par familysecret
Longtemps j’ai craint les « mauvais sorts ». J’ai prié pour que mes ennemis n’arrivent pas à m’atteindre. Qu’il s’agisse de « La Femme des Antilles », de mes ennemis « connus » ou inconnus, j’ai vécu dans la crainte d’être victime de sortilège. Toute mon enfance, mon adolescence, les premières années de ma vie de femme n’ont été hantée que par cette seule crainte.
Je sais aujourd’hui que Le Père est malade. Qu’il souffre de paranoïa aiguë. Son obsession quant à « l’éducation » des enfants, ses principes et ses méthodes de « dressage », son plaisir à nous rabaisser et à nous humilier, tout cela participe de sa pathologie. Les « marabouts » et autres voyants ou sorciers en ont largement profité, le dépouillant de tout son salaire, nous obligeant à vivre chichement. Je connais tous ces charlatans, toutes ces poudres de guérisons, les « parfumages », les breuvages répugnants à avaler, les mixtures nauséabondes avec lesquelles se frotter. Poules, dindes, tortues, cochons, pigeons, je revois ces pauvres bêtes sacrifiées à cause de la folie d’un homme et de la cruauté d’êtres sans scrupules, simplement motivés par le désir de dépouiller une famille entière. Moi, ces charlatans ne m’auront pas. Ni ma fille, ni moi n’iront à leur rencontre et je les fuis encore plus que la peste. J’ai tout raconté à mon amoureux lorsque je l’ai rencontré. Il a été effaré, impressionné, abasourdi. Il m’en a même voulu un certain temps. Lui qui a grandi dans une atmosphère d’amour, de dialogue, de rires, de complicité, il aurait préféré ne pas savoir. Il m’admire d’être encore debout aujourd’hui et d’essayer de continuer à avancer. Mais je n’ai rien d’une héroïne. Je suis cassée et je fais avec mes ruines et mes cendres. Je veux donner à ma fille une vie à l’opposé de la mienne.
Pourtant…
Je sais qu’il existe des êtres invisibles nuisibles qui n’ont pour seuls objectifs que de faire souffrir les Hommes. Gratuitement. Sans aucune raison. Comme ça, pour le plaisir. Dieu est Amour. Ces êtres là ne sont que haine et méchanceté. Un an avec un cadenas entre les jambes, trois années avec un diable en moi m’ont appris que la folie du Père a fini par lui faire rencontrer ce qu’il redoutait le plus. C’est moi qui ai trinqué. C’est moi qui ai mené la famille vers Mme T.
Aujourd’hui en 2008, je sais que nos relations avec les autres ne sont pas seulement fonction de notre apparence physique, de nos vêtements, de notre éducation. Il y’a quelque chose d’autre qui nous fait ressentir de la sympathie, un élan d’humanité les uns envers les autres. Je le sais pour avoir été agressée, méprisée et rejetée durant ces trois années d’enfer. Ce diable invisible qui avait pris possession de moi, comment arrivait il à chasser tous les garçons en face de moi ? A quoi pensaient-ils ces garçons qui me fuyaient lorsqu’ils me voyaient ? Ces personnes qui m’ont agressée que ressentaient-elles face à moi ? Du jour où cette bête est sortie de moi, mes relations avec les autres ont changé. Cela a pris du temps mais j’ai à nouveau fait parti du monde des humains. Quel autre élément entre en ligne de compte dans nos relations ? De l’intuition ? Des anges gardien ou des démons ? Des ondes positives ou négatives ? Comment cela est-il possible ?
Aujourd’hui je vis avec cette dualité. Considérer les marabouts du coin comme de vulgaires escrocs malsains. Rire avec les autres- les collègues, les amis- des conneries que ces charlatans peuvent raconter. Savoir au même instant que de mauvais esprits rôdent dans le monde invisible avec pour seul but de nuire et de détruire les Hommes.
Comment faire avec ce secret ?
Publié le 29/11/2006 à 12:00 par familysecret
Plus aucune énergie. Juste assez pour regarder les débilités de la télévision. Pourtant, j'en aurais des choses à faire. Préparer le CAPES par exemple. Je n'ai qu'à repenser à ma responsable, pour que la simple idée de retourner au boulot me donne de l'urticaire. Supporter à nouveau ses crises maniaco-dépressives et de paranoïa, merci! Pourtant, rien à faire, j'ai du mal à travailler sur les dossiers que je me suis préparée. Le pire c'est que je m'étais jurée de profiter de mon congé maternité, pour m'améliorer en informatique, et lui faire fermer son clapet, à cette dingue. Manque d'énergie.
Cet été, j'ai eu une envie folle de faire des travaux manuels, moi qui n'ai jamais rien fait de mes 10 doigts. J'ai acheté de quoi me mettre au point de croix, au tricot et au serviettage. J'ai brodé une petite serviette durant mon congé maternité et c'est tout. Manque d'énergie.
J'ai décidé de tout dévoiler. La "Sainte famille idéale", ça suffit! Je veux tout dire de la tyrannie parentale, des coups, des humiliations, des frustrations, de la sorcellerie. J'ai de quoi écrire un roman avec ma vie. C'est pourquoi j'ai ouvert ce blog, puisque parler m'est trop difficile. Pourtant je n'y arrive pas. Tous les jours, je rumine, je parle toute seule, en me revoyant à 20 ans avec un cadenas entre les jambes, à 22 ans avec un diable en moi, mais impossible de trouver la force pour l'écrire. Ras le bol de tout garder en moi, de tout prendre sur moi. Il faut que ça sorte, que j'écrive tout ce que j'ai subi depuis mon enfance...Manque d'énergie.
QUESTION:
Je ne suis pas la seule à avoir été victime de parents ayant l'air "adaptés" - quoique, certains de leurs comportements ont du mettre la puce à l'oreille de certains - mais souffrant de troubles psychologiques, voire psychiatriques. Je ne suis pas la seule à avoir été victime de Tita. Suis-je la seule dans cet univers à s'être retrouvée avec un cadenas entre les jambes ? Suis-je la seule dans cet univers à qui ce monstre, cette reine du vaudou a donné un diable pour mari afin de faire fuir tous les hommes devant elle?
Y'a t'il quelqu'un sur cette planète qui comprenne ce que je dis?
Publié le 19/10/2006 à 12:00 par familysecret
Allez, j'y vais, je vide mon sac. Voici l'un des plus lourds secrets de la Sainte Famille idéale. Ce qu'il ne faut pas dire, LE SECRET de la famille:
Pendant des années, mon père a passé son temps, son énergie et toutes ses économies à aller voir des marabouts, des pseudos-voyants et des soit-disant mages. Nous avons vécu avec presque rien car il fallait payer ses escrocs qui ont bien profité de la paranoïa aïgue de mon père. Je suis décidée à raconter au fur et à mesure quelle enfance et quelle vie nous avons eu: tous les breuvages dégueulasses qu'il nous a fallu ingurgité, les grigris cachés dans nos vêtements, les mixtures répugnantes qu'il fallait se passer sur le corps. Entre 15 et 20 ans, se mettre entièrement nue devant son père pour qu'il nous donne des "bains de guérison", alors qu'il était interdit de sortir avec des garçons avant le mariage.
Voici le marché que mes parents ont fait par l'intermédiaire de Mme Tita, "sorcière " vaudou, installée à Drançy, en Seine Saint Denis et décédée en septembre 1992:
Quand j'ai eu 20 ans mes deux plus jeunes soeurs et moi nous sommes retrouvées avec un cadenas fermé entre les cuisses pour nous empêcher d'avoir des rapports sexuels avec des garçons. Raison officielle: empêcher des "bêtes à poils" , des sortes d'esprits, de coucher avec nous le soir pendant notre sommeil. Je raconterai cette journée où nous avons été emmenées avec la complicité de ma chère mère, obsédée par l'idée que nous puissions perdre notre virginité avant le mariage. Si nous ne sommes restées qu'1 an avec cette horreur fermée entre les cuisses, c'est parce que nous nous sommes révoltées malgré la rage de nos parents. Ce cadenas était destiné à rester 4 ans entre nos cuisses.
A 22 ans, et ce jusqu'à l'âge de 25 ans, je suis restée avec "un diable" sur moi qui faisait fuir tous les hommes devant moi. Raison invoquée " On m'avait dit que tu ne pouvais pas faire d'études et vivre ta vie". Traduction du langage paternel: pour ton bien, derrière ton dos, je fais de la magie noire, pour que tu te consacres uniquement à tes études. Aucun garçon ne voudra de toi tant que tu seras étudiante et tant que je l'aurai décidé. Cela durera le temps qu'il faudra, des années même " Pousses tes études le plus loin posssible". Ne t'inquiète pas, un jour, quand je l'aurai décidé, tu auras le droit d'avoir un "mari!" Pour l'heure à ton âge tu n'as pas besoin d'avoir une vie sexuelle. Ce n'est pas normal qu'à ton âge tu t'intéresses au garçon.
Je le revois me regardant dans le blanc des yeux, alors que je déprimais, passais mes journées à pleurer en me demandant qu'est ce que j'avais de si répugnant pour que tous les hommes me fuient comme la peste.
"Tu vas au parc de la Courneuve avec un livre, ça te change les idées".
C'est grâce à ma plus ancienne et meilleure amie que j'ai pu revenir à une vie "normale". Comment puis-je parler de normalité avec l'univers familial dans lequel j'ai grandi et où je me suis structurée? Grâce à elle, j'ai rencontré Mme T*-bénie soit cette femme-qui a réussi à faire sortir ce diable de moi. Cela m'a coûté 6000 F.
Jamais, je n'oublierai ce que j'ai vécu, jamais je ne pardonnerai à mes parents. J'ai décidé de parler et d'arrêter de donner cette image de la Sainte Famille où les 4 filles de la Famille B*** sont des filles "bien". Vous avez reçu une bonne éducation: vous avez fait des études , vous êtes mariées, vous êtes sérieuses".
Nous sommes cassées, complètement névrosées, aigries et pleines de haine! Moi je vois un psychanalyste 2 fois par semaine depuis des années!
Comprenne qui pourra!