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Nom du blog :
familysecret
Description du blog :
Derrière la famille idéale, mon enfance dans le monde de la sorcellerie, du vaudou, de la folie
Catégorie :
Blog Paranormal
Date de création :
11.10.2006
Dernière mise à jour :
04.01.2009

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Ma vraie famille

Mon ange, ma Lumière

Publié le 16/09/2008 à 12:00 par familysecret
Mon ange, ma Lumière
Voilà, c’est arrivé. Je l’attendais, faisais traîner, en rêvais, remettais au lendemain,…Grâce au coup d’énergie donné par mon amoureux, c’est fait. Ce dimanche 14 septembre,

Ma puce a été baptisée !

Mon ange a reçu l’Esprit Saint, elle est fille de Dieu. Le plus beau cadeau que je pouvais lui faire.

Comme elle était belle ma puce dans sa robe blanche ! A un âge où tout est découverte, exclamation, opposition, elle s’est fait remarquer ma douce, durant la cérémonie. Le jeune prêtre qui ne manquait pas d’humour en a fait un jeu et s’est adressé à elle directement pour saluer sa vitalité. Pourtant à chaque moment important, signe de croix, onction avec le St Chrême, l’eau sur le front, elle est restée d’un calme impressionnant. J’étais tellement émue lorsque le prêtre a prononcé ces quelques mots « Je te baptise au nom du Père, du fils et du St Esprit ». J’en ai la gorge nouée et les yeux tout embués.

Nous avions fait le choix de n’inviter que nos proches, parents, parrain, marraine, sœurs, leurs conjoints et leurs enfants. Au total une petite vingtaine de personnes. Le restaurant a été au-delà de nos espérances. Il est vrai que nous avions eu un coup de cœur pour le cadre et la qualité du menu dès la première visite. Le responsable, habitué à organiser différentes réceptions nous a tous épatés. Le clou a été le petit jardin que nous avions entraperçu la première fois. Dès la fin du repas, les enfants, ma puce y compris, ont quitté la table pour s’y précipiter. Intrigués, nos convives, mon amoureux et moi-même sommes aller voir ce qui pouvait se tramer dans ce petit bout de jardin. Oh, surprise ! Nous avons découvert de magnifiques allées, en formes de labyrinthes dans lesquelles nos chéris s’amusaient à se poursuivre.

J’en ai oublié les discordes familiales, Corinne et Jenny s’ignorant royalement, Les Parents donnant les apparences d’un couple uni (alors que ces jours-ci ils sont fâchés). J’ai même proposé à Jenny de faire la première lecture après le chant d’entrée, moi qui ne l’ai jamais invité chez moi…

Le soleil miraculeusement présent, le rire des enfants, ma puce auréolée de lumière, le sourire de mon amoureux, …J’ai crû toucher du doigt le paradis.

Quelques grammes de douceur dans un monde…

Publié le 26/05/2008 à 12:00 par familysecret
Quelques grammes de douceur dans un monde…
Juste quelques mots chuchotés derrière la porte. Un « Chut ! » étouffé et deux sourires que je devine. Je me prépare, je me fais belle et fais celle qui n’entend pas et ne devine rien. Je suis seule pendant une éternité. Ils sont partis sans rien dire. La salle de bain et l’appartement sont à moi.

Gommage pour un nettoyage en profondeur, crème hydratante pour le visage, crème anti-dessèchement pour le corps, crème nourrissante pour les pieds. Le soin capillaire et la manucure ont eu lieu hier. Je sors de la salle de bain fraîche et parfumée…

Ma puce et mon amoureux sont revenus en silence et m’attendent derrière la porte. Leur sourire m’illuminent, inondent toute la pièce. Ma puce s’avance vers moi et me tend son cadeau : un dessin. Des gribouillis pour dire vrai, en rouge, en vert, en jaune. Je ne sais pas ce que cela représente mais pour moi cela vaut bien plus que n’importe quel tableau de maître. Je souris instantanément. Je n’ai pas le temps d’ouvrir la bouche que déjà mon amoureux s’avance vers moi et me tend le plus magnifique des bouquets de fleurs.
« Bonne fête maman ! » et les bisous pleuvent à n’en plus finir.

J’ai le cœur au bord des larmes, je suis prête à exploser. Je vois 1000 et une étoiles. Ces cadeaux sont pour moi. Je suis une maman fêtée. Quand bien même ma puce est trop petite pour avoir conscience de ce qui se passe, quand bien même c’est son papa qui a tout organisé, à cette minute, je suis la Reine du monde. Tout disparaît, le passé, Le Père, La Mère, Tita et ses diables, les marabouts qui les ont précédés, ma chef et sa folie, …Je ne suis plus la Pierrette d’antan, je rentre dans un nouveau monde, je vis au présent et dans le futur.

Merci ma puce, merci mon amoureux. Je suis la plus heureuse des mamans.

Bienvenu au monde

Publié le 07/05/2008 à 12:00 par familysecret
Petit WE d’amour et de bisous avec mon amoureux et ma puce. Nous quittons notre quotidien et voguons vers d’autres flots. Valises pleines, pique-nique prêt, pas vraiment de projets sauf le désir fou de se dépayser. Bye, bye, Paris.

Arrivée. Chambre d’hôte impeccable : hygiène nickel, décoration chaude et agréable. Propriétaires parfaits. La femme accueillante, attentionnée, rigoureuse, maternelle,… Le mari, jovial, professionnel, ouvert, sympathique,…

Les projets arrivent : ce sera un WE culturel. Avec nos chèque-vacances, nous allons au restaurant le soir même…

Dieu merci, nous avons pensé à réserver. Le patron refuse du monde. Trois femmes arrivent peu après nous et font la bise au patron qui fait aussi office de serveur. Elles s’installent à la table située derrière nous, celle qui leur a été réservée. Le dîner se passe merveilleusement. Notre puce qui a finit de manger, se balade gaiement entre les tables. Elle ne semble déranger personne, bien au contraire. Nous sommes bien, j’oublie tout. Fin du repas. Mon amoureux tourne un peu sa chaise afin de surveiller notre puce qui converse dans son charabia avec tous les clients. La conversation s’engage tout naturellement avec les trois femmes assises derrière nous. Je n’entends rien, je suis assise trop loin. Je laisse mon amoureux répondre et me met à rêvasser. Toutes les bonnes choses ont une fin, il nous faut partir. J’attends le serveur pour régler l’addition tandis que mon amoureux et ma puce m’attendent dehors. Je sens le regard des trois femmes sur moi. En fait, elles ne me regardent pas, elles me dévisagent, de haut en bas, de bas en haut. Quelle est leur expression ? Je n’ose pas les regarder. Je règle, dis merci, au revoir, et tourne les talons.

Je retrouve mon amoureux la mine défaite. Il a l’air à la fois en colère et peiné. Il me raconte.

La conversation a commencé gentiment avec les trois femmes, autour de notre puce. Quel âge a t’elle ? Elle est souriante ! Elle est mignonne ! Et tout à coup, la phrase qui fait tout basculer. « T’as vu le nez ? T’as vu le nez ? Ah, ouais, j’avais pas vu la mère ! »
Ma puce a un petit nez épaté, héritage ancestral. Je suis fière de retrouver en elle les fruits du métissage. Un peu de métropole, un peu d’Asie, un peu des Caraïbes, un peu de tout. Elle est belle parce qu’elle est à l’image de la diversité des humains, elle est belle parce qu’elle est notre fille, elle est belle surtout parce que nous l’aimons et que nous l’aimons telle qu’elle est.
Mon amoureux est abasourdi. Debout sur le trottoir face au restaurant, nous discutons dix bonnes minutes. Au départ, il n’a pas compris. « Elle plaisante ? Ce n’est pas possible, elle ne peut pas dire cela sérieusement. Ce n’est pas possible ! Il aurait du lui dire quelque chose, il aurait du lui répondre. Ne pas laisser insulter sa fille et sa femme. Et s’il y retournait là tout de suite pour aller leur dire quelque chose ? Lui dire quoi ? Quelque chose du genre, « Ouais, elle a un nez épaté, et alors ça vous dérange madame ? » Pourquoi, je lui ai pas répondu tout de suite ? Evidemment, je changerai pas les racistes, je sais bien que je changerai pas les cons, mais j’aurais dû défendre ma fille et ma femme. Je m’en veux, je m’en veux. » Je le regarde doucement et tente de le calmer. Ce serait stupide de retourner dans le restau. Partons et retournons dans notre chambre. Elles n’en valent vraiment pas la peine. « Tu en entendras d’autres, tu sais, tu t’y feras ». Je suis étrangement zen. Cela ne me ressemble pas. Cela ne lui ressemble pas. Normalement, c’est moi qui suis prête à me battre et lui qui passe au dessus. Je suis un volcan, mon amoureux est une montagne de douceur. Je suis rancunière et vengeresse, il est pardon et amour. Pour la première fois depuis que nous nous connaissons, les rôles sont inversés. Il ruminera pendant deux jours. Près d’une semaine après, je crois qu’il s’en veut toujours de ne pas nous avoir défendu. Et moi j’écris tout cela sans haine et sans colère.

Mon amoureux vient de faire connaissance avec la méchanceté, les paroles blessantes et gratuites. Mon chéri, je te présente l’intolérance et la bêtise. Bienvenu au monde, bienvenu à la vie.

Tu enfanteras dans la douleur

Publié le 14/11/2006 à 12:00 par familysecret
La veille:
Grosse angoisse. Pas de contractions, pas de perte d'eau mais du sang. Ce n'est pas normal. Très vite j'ai mal. Panique à l'hôpital, vais-je perdre mon bébé? Avoir attendu aussi longtemps, passer le cap des trois premiers mois, suivre toutes les indications médicales, psychologiques, sophrologiques, sportives, pour perdre mon bébé à 4 jours de la date prévue? Pourquoi moi? J'angoisse et j'ai mal car les contractions qui commencent à arriver sont insupportables.

Le jour J:

Césarienne. Ce n'était pas pour moi, ça n'arrive qu'aux autres. Surprise et inquiétude , je n'ai rien lu sur ce mode d'accouchement. Je ne sens rien quand on retire mon bébé de mon ventre. La péridurale n'a pas supprimé que la douleur. C'est une fille, UNE FILLE, j'ai une fille. Moi, la bonne à rien, j'ai réussi à faire une petite fille. J'entends son cri derrière le rideau. Qu'est-ce que je ressens? Un sentiment d'étrangeté puis une immense joie et enfin de la fierté. Je suis mère d'une petite fille, je me sens mère tout à coup. On me l'emmène et je reçois un choc devant sa beauté. Je ne pensais pas faire une belle enfant. On m'a trop répété que j'étais laide. Merci mon Dieu, merci la vie.

Premiers jours:

L'horreur. Ma petite fille est malade. Je ne peux pas la toucher, ni l'embrasser. Comment vaincre ma peur des nouveaux-nés si je ne peux pas m'occuper de mon bébé? Je ne peux ni la laver, ni la changer, ni la nourrir. De loin, je regarde faire les soignants et leurs gestes techniques et je souffre.

Séjour:

J'ai mal, je souffre le martyre. Les douleurs de la césarienne n'y sont pour rien. L'état de santé de ma petite fille s'est aggravé. Elle est partie loin de moi, dans un autre hôpital. Je la revois dans son berceau tandis qu'on la sort de ma chambre. Pour la première fois ses yeux se sont ouverts, elle me regarde et semble me demander "Pourquoi"? Je culpabilise au maximum. Ma première crise de larmes a lieu.

Mon amoureux me donne de ses nouvelles tous les jours. Je ne peux pas la voir, juste lui envoyer des messages. Elle est si petite, ma puce. La famille et les amis sont présents et nous donnent des encouragements qui n'ont aucun effet sur nous. Nous sommes morts tous les deux.

J'ai vu les photos que m'a apporté mon amoureux. Ma petite fille a mal. La maladie lui fait faire des grimaces. Ses bras sont couverts de bleus, restes de tentatives de perfusions et de piqures. Je pleure tous les jours, à chaque heure, à chaque moment. Pourquoi elle? N'ai-je pas assez souffert? Tous les coups, toutes les humiliations, les frustrations de mon enfance, n'ont servi à rien. Je n'ai rien payé à l'avance. Ma petite fille va souffrir comme moi. Me revient à nouveau la phrase qui me poursuit depuis toujours " Je suis maudite". Seule dans ma chambre d'hôpital, allongée sur mon lit, je me remets à prier le Seigneur " Protégez la, s'il vous plaît, faîtes moi mal à nouveau, j'en ai l'habitude, mais pas elle s'il vous plaît, pas elle". Je ne suis plus pratiquante, suis-je encore croyante? Je crois en des forces qui nous dépassent, je sais que le mal existe et que des esprits malfaisants peuvent nuire. Je le sais car je l'ai vécu. Je sais que ma foi a fait sortir le diable qui avait pris possession de moi. Cependant je ne suis plus catholique, les rites de cette religion n'ont plus de sens pour moi. Quoiqu'il arrive, je n'irai voir aucun marabout! Ma fille guérira. A nous trois, nous serons plus forts que la maladie. Nous serons bientôt à la maison.

AMEN

L'amour après la haine

Publié le 13/10/2006 à 12:00 par familysecret
L'amour après la haine
On peut aimer sans avoir été aimé .

Mon bébé je t'ai aimé tout de suite, alors même que tu n'étais qu'un tas de petites cellules en division.

Maman

Une journée en congé maternité

Publié le 12/10/2006 à 12:00 par familysecret
Lever à 7 h. Enfin, officiellement à 7h. Le réveil sonne, mais le lever se fait 10 à 20 mns après. Bisous à l'amoureux. Pipi matinal. Lavage des mains. Cuisine: jus d'orange, thé, tartines. L'amoureux s'en va travailler. "Ca va, je suis bien?" Dernière vérification: les chaussettes sont bien assorties à la chemise, pas de dentrifice sur la bouche ou sur les joues. Petits encouragements pour le brave travailleur qui va affronter une collègue névrosée: "Je penserai à toi toute la journée, je t'envoie pleins d'ondes positives, ..."

8h. Léger ménage. Et ensuite, " du courage, du courage, du courage..." Allez, au boulot. Et oui, l'objectif secret de Bibi est de réussir le CAPES en 2007. Cela fait des années que Bibi en rêve, mais ce n'était jamais le moment. Là, c'est l'idéal. L'arrivée des premiers cours du CNED a correspondu avec le début du congé maternité. Pas folle, la guêpe a préparé des dossiers avec des articles, des liens internet vers des sites spécialisés, les corrigés des épreuves des années précédentes...bien avant de recevoir les cours. Seulement voilà, maintenant il faut les exploiter. Et ça c'est une autre histoire. Le cri de guerre, pour se mettre à travailler est le nom de ma chef. Il me suffit de penser à elle, à sa névrose, psycho-maniaco-dépressive tendance paranoïaque, pour me mettre au boulot. Au programme, le matin est réservé au "par coeur", l'après-midi aux lectures et/ou exercices. Il est 9h lorsque Bibi se met au boulot. Je ne peux pas travailler si je n'ai pas pris ma douche avant.

11h. Téléphone. (Voix mielleuse). " Bonjour, mademoiselle brrrr, de la société grr... Je vous appelle, car vous avez la chance d'avoir été tirée au sort pour notre grande loterie...", "Euh, vous êtes mademoiselle?" (Voix qui exprime une évidence) :" Mle Valentin! Je vous appelle...", "Vous êtes de quelle Sté?" (Voix exprimant une évidence encore plus flagrante): "De la Sté Euroloto! Vous avez la chance d'avoir été tirée au sort pour notre loterie. Pour cela, je vais vous demander 3 numéros. Le premier correspond à la date de naissance de votre mari, et c'est...? " , "Je ne joue pas aux jeux d'argent, c'est interdit par la Bible!"

11h30. Courses au supermarché. Descente obligatoire chaque jour ou presque. Le congélateur a rendu l'âme, il y'a un mois, quelques semaines avant que le chauffe-eau ne décide d'exploser. Commentaire du réparateur au milieu de la fumée et de l'inondation de la cuisine " Ca fait 15 ans que je fais ce métier, je n'ai jamais vu ça!". C'est trop d'honneur...

12h30. Zapping TV. Déjeuner devant le journal TV. Visite de sites Internet. Pas ceux pour le concours, c'est l'heure de la pause.

14h. Tél. Voix mielleuse. "Bonjour, Mr X?", " Non, excusez-moi je suis une dame!", " Ah, euh...vous êtes une femme...?", " ....", "Allo?...euh, excusez-moi, euh, madame. Je suis Mle Brrr, de la Sté grrr.... Je vous appelle car nous organisons une grande semaine de travaux, et vous avez la chance de pouvoir bénéficier de fenêtres...", " C'est gentil, mais nous sommes locataires!", " Et bien dans ce cas, je ne vais pas vous déranger plus longtemps, excusez-moi de vous avoir dérangée, et je vous souhaite une bonne journée de la part d..."

14h30. Prononcer 3 fois le nom de ma chef, visualiser son image, repenser à ces crises de paranoïa, aux bruits qu'elle fait courir sur mon dos et celui de tout le monde, ses pleurs lorsqu'elle est en phase dépressive, ses crises de fou-rire et ses blagues idiotes en période d'excitation,...Allez, ça suffit je me casse de cette boite, 2007 c'est la dernière année à la supporter, au boulot!

18h. Début de repas pour mon amoureux quand il va rentrer. D'après tous les magasines féminins que je lis depuis que je suis ado, la future maman ne doit pas oublier qu'elle est une Femme. Repas équilibré mais appétissant pour mon "Homme" et échange du jogging et du tee-shirt/sweat-shirt contre une petite robe fraiche et légère. Ce soir encore, j'aurais droit à ma petite récompense qui rassure " T'es très mignonne. Ce que j'aime chez toi, c'est que tu te laisses pas aller. T'es toujours aussi sexy et élégante même enceinte. En plus t'es très courageuse de travailler comme ça toute seule, moi je pourrais pas!"

18h30. Coup de tél. de la standardiste du boulot. Une alliée. La seule à avoir les même idées que moi sur la boite. Nous sommes toutes les deux, deux belles hypocrites qui face aux autres "adhèrons" aux valeurs et à l'esprit de l'entreprise. Nous n'avons pas le choix, nous avons besoin de nos salaires. Ce soir, elle me donne les dernières nouvelles. Rien de bien neuf à l'horizon. Toujours les mêmes histoires, les mêmes hypocrisies, les mêmes discours,... Bref, elle m'a donné de quoi avoir envie de bosser mon CAPES pour les jours à venir.
Mon amoureux arrive entre-temps. Comme tous les soirs, il me regarde avec des yeux éperdus d'amour. Je n'ai pas eu le temps de me changer, mais il a senti une bonne odeur dans le four. Petite caresse et gros bisous sur mon ventre pour dire bonsoir à bébé.

19h30. Ma collègue et moi avons fini nos ragots. Nous nous sentons bien mieux après. Diner avec mon amoureux. Cette fois, je me tais, je laisse parler. "Ecouter" est une grande vertu des femmes, dit-on. Quelques conseils bateau mais qui font du bien au travailleur épuisé. Petite caresse dans ses beaux cheveux noirs, petits bisous, petits calinous avec paroles réconfortantes pour tous les deux. C'est l'heure du repos des deux guerriers.

21h. Tél. de ma mère. " La Mère" comme mes soeurs et moi la surnommons. Confirmation du RDV pour samedi. Oui, son mari et elle sont bien attendus à 13 h. " Ton papa avait peur que tu sois fatiguée", " Non, non, t'inquiète pas, ce sera à la bonne franquette". Blablabla... Jusqu'à la petite minute de vérité, dite par sous-entendu bien sûr, c'est comme ça qu'on communique dans la famille. La conversation porte sur mes nièces et sur l'autorité. " Ce qu'il y'a, c'est que quand le père dit quelque chose, il ne faut pas que la mère intervienne, il faut que le père puisse faire arrêter l'enfant", " Oui, mais ça dépend de ce que dit le père et de la façon dont il le dit. Si le père dit des conneries et qu'il parle n'importe comment, je suis désolée, moi j'interviens". "Je ne parle pas de ça, je te parle des pères d'aujourd'hui, pas des pères d'avant". " C'est pas une question de père d'avant, c'est une question de père "taré" et de père "normaux". Un père normalement constitué ne parle pas à ses enfants comme à des chiens, il leur parle normalement". " Moi, je parle pas de ça", "rire ironique...". Traduction: ton mari qui m'a servi de père a été un très mauvais père. Ses principes et ses méthodes de dressage nous ont fait plus de mal que de bien. Contrairement à ce qu'il croit, il est loin d'être un expert en matière d'éducation, et je ne prendrai certainement pas modèle sur lui pour élever mon enfant. La conclusion est toujours la même: je n'aime pas ton mari. Je ne lui pardonnerai jamais tout le mal qu'il m'a fait".

Samedi "Les parents" viendront jouer à la Sainte-Famille-Idéale. Aurais-je le courage de leur dire que mon amoureux est au courant de la vie qu'ils m'ont fait mener, et qu'il est inutile qu'ils jouent aux parents parfaits qui ont tellement bien éduqué leurs enfants qu'elles ont toutes fait des études et fait des "bons mariages?"

Allez, "du courage, du courage, du courage"

Dans un mois...

Publié le 11/10/2006 à 12:00 par familysecret
Dernière ligne droite. J'ai vu mon gynéco hier, il m'a certifié que je n'accoucherai pas avant 3 semaines. Encore presqu'un mois à attendre. Cette nuit j'ai rêvé que j'attendais une petite fille. En fait, Je n'ai pas voulu savoir le sexe à l'avance, "pour la surprise". La vérité est que j'ai autant peur d'avoir une fille que d'avoir un garçon.

J'ai envie d'une fille pour lui donner tout ce que je n'ai pas eu, de l'amour, des noëls de rêve, des rires, de la tendresse, de la complicité mère-fille, un miroir dans lequel j'aurais pu me trouver belle, des conseils, de l'écoute, un landau et des vêtements pour les poupées que je n'aurais jamais, des parents "normaux". Je dirai à ma fille qu'elle est jolie, que je l'aime, que je veux qu'elle soit une bonne élève mais que je l'accompagnerai en cas de difficultés, qu'il existe des préservatifs et la pilulle, qu'elle peut sortir mais pas avec n'importe qui et pas n'importe où...Je veux ressembler aux mères que j'ai idéalisées et que ma fille ressemble à toutes les filles que j'ai enviées.

J'ai envie d'un garçon pour ne pas me projeter sur mon enfant. Pour faire une rupture avec mon passé, me tourner vers le futur... Avec un garçon, la rupture avec mes parents devrait enfin se faire? Pourtant si je veux un garçon, c'est encore à cause d'eux. "Il n'est pas bon de faire un enfant pour réparer ce qui ne va pas chez soi", ai-je l'habitude de dire. Quelle relation aurais-je avec mon fils? Je n'ai pas l'habitude des garçons. Nous sommes une famille de filles. Tant du côté de ma mère que du côté de mon père, les filles dominent. De quoi un garçon a t-il besoin? D'amour je présume, de respect, mais encore? Je sens qu'il va falloir que je lise tous les bouquins pratiques qu'il existe en la matière, si je ne veux pas passer à côté de lui. Les garçons ont toujours été pour moi un grand mystère à cause de l'interdit parental: "interdiction de s'approcher à moins de 100 m d'un garçon avant le mariage!" . Et oui, mes soeurs et moi faisons partie de ces filles (nous sommes quelques-unes sur cette planète, la pathologie de mes parents n'étant hélas pas isolée) qui ont la faculté de tomber enceinte rien qu'en s'approchant d'un garçon! No comment.

Toute ma vie j'ai rêvé d'être quelqu'un d'autre. J'ai envié toutes les petites filles autour de moi, j'ai été jalouse de toutes les adolescentes de ma classe et même de celles que je ne connaissais pas, je ne souhaite à aucune jeune femme de 20 ans de subir ce que j'ai subi.

J'espère que je serai une super-maman!