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Nom du blog :
familysecret
Description du blog :
Derrière la famille idéale, mon enfance dans le monde de la sorcellerie, du vaudou, de la folie
Catégorie :
Blog Paranormal
Date de création :
11.10.2006
Dernière mise à jour :
04.01.2009

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Perspectives 2008

Publié le 17/12/2007 à 12:00 par familysecret
Voilà, c’est fini. 3 semaines de dépaysement loin du boulot et de ma tarée de chef. Loin du boulot mais pas de la névrose familiale. Rien ne change de ce côté-là et je pense pouvoir dire sans me tromper que rien ne changera jamais.

L’année 2007 se termine. L’an dernier, pendant mon congé mater, j’avais projeté de passer mon CAPES. Enceinte, presque à terme, je me suis levée tôt pour préparer un concours pour lequel dans le fond, je n’étais pas très motivée. Suite au clash de cet été au sein de mon service, j’ai fait des candidatures spontanées. J’ai très peu écrit mais j’ai tout de même réussi à décrocher un entretien. J’ai beaucoup fantasmé après avoir rencontré les 3 zozos qui m’ont interrogé sur mon parcours et mes motivations. Pour être tout à fait franche, ce qui me faisait surtout plaisir c’était de m’imaginer annonçant mon départ à ma vachette de chef. Mon plaisir se situait davantage à ce niveau-là que dans la perspective des tâches qui m’attendaient dans mon futur poste. Je n’ai pas été longtemps déçue après la réponse négative que j’ai reçue.

Rebelote pour 2008. Objectif : partir loin de cette demeurée. Je lui ai signifié mon désir d’aller travailler ailleurs. Bien entendu, je ne lui ai pas donné les vrais motifs de mon départ. Je ne pense pas que je lui dirai un jour. Un fou ne sait pas qu’il est fou et ne peut pas le comprendre. Elle n’a pas eu l’air surprise et encore moins déçue même si elle s’est sentie obligée de me dire qu’elle me regretterait. Elle est beaucoup plus hypocrite que moi. Si seulement je pouvais l’envoyer sur la planète Mars! Mais, bon, ce serait tout de même dommage pour ces pauvres petits martiens qui ne m’ont rien fait.

Allez, c’est décidé, en 2008 j’ai un nouveau boulot.

Fin d’automne ensoleillé

Publié le 17/11/2007 à 12:00 par familysecret
Quelques semaines sans ma responsable et ses crises de folie, le rêve !
Quelques semaines sans me soucier de la grève, youpi !
Quelques semaines dans un autre monde, un autre rythme

Quelques semaines en famille avec ses ragots et ses susceptibilités
Quelques semaines à faire attention à tout
Quelques semaines à supporter les cancans des uns et des autres

Quelques semaines ailleurs
Quelques semaines avec mes vieux démons, mes souvenirs qui me hantent
Quelques semaines à essayer d’être heureuse.

Passerais-je un ravin de ténèbres

Publié le 16/11/2007 à 12:00 par familysecret
« Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les entiers de la justice ,
A cause de son nom.
Passerais-je un ravin de ténèbres je ne crains aucun mal car tu es près de moi ;
Ton bâton, ta houlette sont là qui me consolent… »

Je suis persuadée que la solution est là. Certains passages me touchent particulièrement. J’ai presque l’impression qu’ils ont été écrits pour moi. Ancien Testament, Nouveau Testament, je dévore la Bible comme une boulimique.

L’envie d’appeler Noëlle pour lui faire part de mes malheurs se fait de plus en plus pressante. J’en parle à Raphaëlle qui parait réticente mais ne veut pas me contredire. De toutes façons, ma décision est prise, j’appellerai Noëlle.

Notre Dame des Vertus. L’Eglise où j’ai été baptisée, où j’ai fait ma communion, où je ne voulais plus aller. Je m’y rends depuis quelques semaines. Peu à peu, je ne récite plus les psaumes et les prières apprises par cœur dans mon enfance. Je laisse parler mon cœur et je verse ma souffrance aux pieds du Christ et de sa Mère. Je leur raconte les agressions dont je suis la victime, mes nuits blanches, ce corps velu qui m’étreint avec une telle force que j’ai l’impression d’étouffer. Un jour que mon cœur est plein de colère et de ressentiment, je pousse la porte de l’Eglise. Je n’arrive pas à parler alors je sors ma Bible que j’ai toujours avec moi. Rien n’y fait, je n’arrive pas à me concentrer. La tristesse, le désespoir se mélangent à ma colère. Tout cela se retourne contre Dieu, le Christ, la Vierge et tous ses Saints. Je ferme ma Bible brusquement et me lève dans un mouvement de colère. Je quitte les lieux en me disant « De toutes façons, ça ne sert à rien tout cela. Je vais appeler Noëlle »

Le 14 août 1992, j’appelle Noëlle et lui propose un rendez-vous secret. A ma demande, nous nous rencontrons dans sa voiture. Je ne veux pas parler devant son ami. Je lui dis tout. Le cadenas, le Diable en moi, tout. Elle aussi a des choses à voir concernant son amant actuel et son ancien ami, père de sa fille. Elle part en vacances dans deux jours. Je pars rejoindre mes parents en Bretagne la semaine suivante. Rendez-vous est pris pour dans 15 jours.

Pour toi

Publié le 15/11/2007 à 12:00 par familysecret
1992. Le temps s’écoule doucement. Je me suis habituée à chaque période menstruelle à sentir la créature prendre possession de moi. Je passe des nuits blanches mais cela fait désormais partie de mon quotidien. Il m’arrive parfois de pouvoir dormir tranquillement lorsque je mets ma Bible sous mon oreiller. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour l’instant. Quoiqu’il en soit, Je m’habitue peu à peu à ce que mes frères les Humains m’agressent et que les hommes en particulier me fuient comme la peste.

J’aurai 25 ans à la fin de l’année. Je vais au cinéma toute seule. Je ne vais plus danser. Autant allumer la radio dans la chambre et danser toute seule. Cela m’évite de passer du temps à me faire belle, à me taper un trajet pour aboutir au même résultat : isolement total. L’avantage en restant cloîtrée dans ma chambre c’est qu’au moins je ne me fais pas agresser. J’évite la foule devenue dangereuse pour moi. J’écoute et regarde les histoires d’amour des filles de mon âge. Elles ont toutes les raisons de se faire belles. Elles aiment à séduire et aussi à me narguer. Le rejet dont je fais l’objet de la part de la gent masculine n’est pas pour leur déplaire. Je souffre en silence. Je me souviens que j’étais déjà un bouc émissaire au collège. Pourquoi moi ? Pourquoi la vie s’acharne t’elle contre moi ? Je pense à toutes les filles que je rêvais d’être. Je ne me projette pas dans l’avenir, je n’en vois aucun. C’est comme ça. Enfin presque. Une seule chose, une seule lumière dans le cauchemar que je vis : la Bible, le Christ, sa parole… L’idée me vient un jour d’appeler Noëlle pour lui raconter mon calvaire. Il me semble que sa mère connaissait « quelqu’un de bien », un voyant qui avait fait quelque chose pour elle. Je mets cette idée dans un coin de ma tête puis passe à autre chose.

Au printemps 1992, Le Père part soudainement en Afrique. L’Histoire se répète. Nous ne posons pas de questions. Nous savons qu’il reviendra avec des mixtures immondes à avaler, des grigris à porter, etc., etc. La Mère me dit un jour dans les couloirs « Ton papa est parti en Afrique, c’est pour toi. Il a dit que tu auras 25 ans que tu auras besoin de faire ta vie. C’est pour toi qu’il est parti ». Le fait qu’elle sous-entende que Le Père se sacrifie pour ma personne me met dans une rage que j’arrive à peine à contenir. Je lui réponds quand même « C’est pas moi qui lui ait demandé de me faire ça !». Ce qui en clair signifie « Ce n’est pas moi qui lui ait demandé de faire fuir les hommes devant moi. Je ne lui ai jamais dit que j’étais prête à vivre des années comme une vieille fille pendant mes études en attendant d’avoir un bon mari. Je ne lui ai jamais demandé de me trouver un mari. Je ne lui ai jamais dit que je voulais un mari » La Mère comprend tout cela. Elle reste bouche bée comme à chaque fois que je mets des mots sur les choses tabous. Aujourd’hui encore, il n’est pas bon de rappeler que Le Père est à l’origine de ce que j’ai vécu.

Un certain goût pour les cintres

Publié le 11/11/2007 à 12:00 par familysecret
2ème cousinade pour ma puce. J’ai passé toute la soirée d’hier à cuisiner. J’ai décidé de faire un buffet car nous ne tiendrons pas tous à table. Corinne, son mari et ma nièce arrivent les premiers. Raphaëlle, son mari et ses deux filles les suivent de près. Les parents et Jenny ne sont pas invités. Trop de tensions et de rancune dans la famille, alors on se voit séparément. La journée se passe bien. Mes nièces sont contentes de voir ma puce. Cette dernière joue les timides et ne veut quitter mes bras que pour aller dans ceux de mon amoureux. Peu à peu ma chérie se décontracte et accepte les bisous et les cadeaux de ses cousines sans rechigner.

Mes sœurs, mes beaux-frères, mon amoureux et moi, nous savons tous que cela va arriver. Nous rions, buvons du vin, parlons de tout et de rien, échangeons des plaisanteries. Nous sommes tous fiers de nos filles et nous ne souhaitons qu’une chose, leur bonheur. Et bien sûr, cela arrive inévitablement. Comme toujours, nos souvenirs reviennent et nous nous mettons à parler.

Je raconte. J’ai 4 ans. Corinne est rentrée au CP et apprend à lire. Malheureusement, le déclic ne se fait pas tout de suite et comme des milliers d’enfants sur cette planète, l’apprentissage de la lecture se fait plus lentement pour elle que pour d’autres. Et ça pour Le Père, c’est inadmissible. Si Corinne a du mal à lire, c’est qu’elle le fait exprès, qu’elle est fainéante et qu’elle se fout de sa gueule. Mais cela ne va pas se passer comme ça. Du haut de mes 4 ans, moi qui ne sais pas lire, je regarde ma sœur trembler de peur à chaque fois que La Mère prend son livre de lecture et j’ai peur moi aussi. Je la vois hésiter sur les mots et j’entends La Mère qui n’a jamais été pédagogue lui répéter une suite de mots. Une image floue : La Mère fait lire Corinne dans la salle de séjour. Le Père arrive avec un bout de bois (ou autre chose ?) et menace Corinne. Je tremble de peur car je sais que moi aussi un jour, je devrai apprendre à lire. Un jour Le Père passe à l’acte. C’est avec un cintre qu’il tape sur Corinne. J’entends sa rage, j’entends les cris et les pleurs de Corinne. Je suis morte de peur. Lorsqu’il s’est soulagé, j’entends la voix forte du Père dire à Corinne qu’il va mettre de l’alcool à 90° sur ses blessures pour que cela la brûle. J’imagine ma grande sœur en flammes et j’éclate en sanglots en cachette. Je la vois un peu plus tard dans la chambre où elle a été consignée. Elle me montre sa cuisse écorchée et m’explique qu’il faut qu’elle sache lire sinon elle sera brûlée avec de l’alcool. J’arrive au bout de mon souvenir, les yeux mouillés de larmes et la gorge nouée. Je n’ai rien oublié de cette angoisse.

Un silence s’est fait autour de moi. Nos conjoints connaissent notre histoire familiale mais restent toujours ébranlés par nos souvenirs.

Raphaëlle raconte. Elle a 6 ans. Le Père lui explique quelque chose qu’elle ne comprend pas. La rage le prend et c’est sur le dos de sa fille de 6 ans qu’il s’acharne avec un cintre. Raphaëlle raconte cela comme elle raconterait une autre histoire. Aucune émotion ne transparaît chez elle. Elle me regarde tandis qu’elle parle. Je ne me souviens de rien. Je ne me souviens pas d’avoir assisté à cela. Je ne me souviens pas de l’avoir regardée et d’avoir tenter de lui souffler les bonnes réponses. Elle, elle se souvient du risque que j’ai pris pour elle. La voix calme et les yeux secs, elle n’a rien oublié de mes tentatives de réconfort tandis que les coups pleuvaient sur son dos.

Dans l’ensemble ce fut un bon dimanche. Du vin, du champagne, des gâteaux, le rire de nos enfants. Nous avons fait beaucoup de photos pour que nos filles aient de beaux souvenirs.

Derniers jours chez Tita

Publié le 10/11/2007 à 12:00 par familysecret
Quelques souvenirs me reviennent en mémoire.

Nous allions régulièrement chez Tita, presque tous les samedis. Raphaëlle et moi étions crispées à la vue de la grille verte du portail. Depuis quelques temps, une femme se tenait debout à l’entrée, essayant de dissuader tous les visiteurs de pénétrer chez Tita. Dans un français mêlé de créole, elle racontait sans s’émouvoir comment elle était venue chercher de l’aide auprès de Tita, et comment celle-ci l’avait « empoisonnée ». « N’y allez pas, elle va vous faire du mal ». Nous passions sans lui répondre et sans même lui accorder un regard. Les Mystères nous avaient expliqué d’une voix triste tout le bien qu’ils avaient fait à cette femme. « Quand elle est arrivée, elle marchait comme une tortue. Nous l’avons guérie, et maintenant, voilà comment elle nous remercie ».

« Il faut téléphoner à la radio Média Tropical pour leur parler de cette femme, raconter aux gens comment elle est dangereuse… » La voix du Père retentit dans la cuisine. Je sais qu’il parle de Tita. Je ne comprends pas. Il est vrai que cela fait un moment qu’il ne se rend plus chez elle. Que s’est-il passé pour que tout à coup, il ne veuille plus la voir ?


24 ans. Je regarde la TV avec le Père. Un reportage sur des jeunes garçons qui ont fait le choix de devenir moine. Ils racontent leur quotidien au journaliste qui bien–entendu ne peut s’empêcher de faire allusion à leur sexualité. Les jeunes ne se démontent pas et répondent que le Christ leur suffit, qu’ils n’ont aucun regret, ni aucun problème par rapport à leur voeux de chasteté. Aussitôt, le Père réagit. « Ils ont 20 ans ! Ils n’ont jamais touché à une fille, après c’est comme ça qu’ils deviennent homosexuels ! ». Après un an passé avec un cadenas entre les jambes, des années à voir les garçons me fuir, je ne peux pas laisser passer ça ! « Et ben ? moi aussi, j’aurais pu devenir homosexuelle ! » Le Père me regarde ébahi et reste quelques secondes sans voix. Il se reprend très vite et me répond d’une voix qui se veut dégagée : « Et ben ? Chacun fait comme il peut ! » Si mes yeux étaient des revolvers, le Père serait mort à cet instant même. Il disparaît de ma vue comme par enchantement.

20 minutes plus tard le téléphone retentit. Ma mère a décroché et je l’entends balbutier quelque chose comme des excuses. Elle raccroche, le visage défait. Le Père que je n’avais pas vu quitter l’appartement, réapparaît un grand sourire aux lèvres et regarde La Mère comme quelqu’un qui vient de faire une grosse bêtise. La Mère, le visage fermé lui raconte. « Tita, vient d’appeler, elle est très en colère. Tu l’as appelée pour l’injurier. Elle m’a dit de te dire de faire attention, qu’elle va te « dérailler ». Jean-Robert, a dit que si tu insultes encore une fois sa femme, c’est à lui que tu auras à faire ! » Le Père répond quelque chose, histoire d’avoir le dernier mot, mais il n’en mène pas large.

Je reste perplexe. Le Père est donc descendue pour insulter Tita ? C’est ce que j’ai dit sur ma probable homosexualité qui l’a fait agir ainsi ? Pourquoi ? Cela doit faire environ 6 mois qu’il a téléphoné à Tita pour lui dire que j’arrêtais mes études et il a dû constater que ma vie n’a changé en rien. J’ai un sourire ironique en nous revoyant chez Tita, moi à moitié nue, le Père derrière moi, regardant les cartes que j’avais coupé en deux. « Il a le même niveau d’études que toi ». Où est-il ce garçon promis au Père que je devais épouser une fois mes études terminées ? Il y’ a crû pendant des années, le pauvre ! Je vis comme une vieille fille pendant toute la durée de mes études et après un « bon mari » vient frapper à ma porte. Sauf que depuis 6 mois, il a bien fallut qu’il se rende à l’évidence : il s’est fait rouler Le Père ! Et oui, Tita n’a nullement l’intention de retirer le sortilège qu’elle m’a jeté. Le Père avait donné son accord, sauf que pour lui cela ne durerait que quelques années. Une petite dizaine d’années sans voir un homme, c’est vite passé quand on fait des études et que de toutes façons un « bon mari» vous attend à la clef. C’était sans compter, sur les mauvaises intentions de Tita qui n’a jamais eu d’autres buts que de profiter de l’argent de ses clients venus chercher de l’aide auprès d’elle.

Il ne faut jamais pactiser avec le Diable.

Je fais du bien aux autres

Publié le 03/11/2007 à 12:00 par familysecret
Fin septembre. J’ai obtenu ma maîtrise. Je ne sais pas ce que je vais faire de ma vie. Assise sur le canapé, je regarde le journal TV. Le Père est assis près de moi. Tout à coup il m’interpelle.
« Pierrette, qu’est ce que tu fais pour tes études ? Tu arrêtes ou tu continues ? » Le visage décidé, je lui réponds d’une voix ferme et sans appel « J'arrête! ». J’ai compris depuis longtemps son marché avec les Mystères et je veux le lui signifier. Il me dit le plus naturellement du monde « Bon ben, je vais appeler Les Mystères. Ils m’ont dit que tu ne pouvais pas faire des études et vivre ta vie. Je vais leur dire que tu arrêtes. » Mon visage se ferme et la colère m’étouffe. Je lâche un « Je le savais » et quitte la pièce non sans avoir murmuré pour que La Mère l’entende « Heureusement que je n’ai pas décidé de faire des études de médecine! » Je m’enferme dans la salle de bain. Je devine que Le Père a demandé à La Mère ce que j’ai marmonné et qu’elle lui a répété. Visiblement, il ne comprend pas ma réaction. « Je ne l’ai pas empêchée de vivre sa vie, si elle veut se marier un jour… »
Ce qui me sidère c’est qu’il ait pu s’imaginer que je ne m’apercevrai de rien, que je ne me poserai pas de questions et que je ferai des années d’études dans l’abstinence la plus totale comme si c’était normal. Certes les garçons m’ont fui comme la peste et alors où est le problème? De toutes les façons c’était provisoire, juste le temps de faire des études. Pas une seconde, il ne lui est venu à l’idée que je puisse avoir envie d’attirer les garçons pour autre chose que pour le mariage. Que je puisse avoir envie d’être regardée comme une femme par la gent masculine, que je puisse avoir envie de susciter le désir, que je puisse moi-même en avoir, non cela ne lui a jamais traversé l’esprit. De ma part, cela est inconcevable. Je ne suis pas une femme. Je ne suis pas un être de désir. Je suis un robot programmé pour obéir, faire des études, et lorsque Les Parents dans leur grande bonté l’auront décidé, je trouverai un bon mari. Patience ! Je l’aurai ma vie sexuelle mais accomplie dans le devoir et pas avant un certain âge. « Tu vas au Parc de La Courneuve avec un livre, tu te changes les idées » m’avait-il dit. Un livre ! J’ai 22 ans, 23 ans, 24 ans, je pleure tous les jours parce que je suis une pestiférée et que tous les garçons me haïssent, me méprisent ou au mieux m’ignorent mais je n’ai qu’à prendre un livre et j’arrêterai d’y penser !
Je remonte et me dirige dans la cuisine. Les yeux fixés sur le carrelage, Le Père me dit « On m’avait dit que tu ne pouvais pas faire d’études et vivre ta vie ». Je soupire de rage.
- Je t’ai pas empêché de vivre ta vie, si tu veux te marier un jour !
- J’ai pas besoin d’un mari !
- Toi, si on t’avait dit de choisir, qu’est ce que tu aurais choisi ?
- J’aurais trouvé ça bizarre
- Tu aurais trouvé ça bizarre ?
Je préfère me casser. Je l’entends dire en créole derrière mon dos, « Il faut que je perde cette habitude : faire du bien aux gens, cela se retourne toujours contre moi ». »

Message à Peg

Publié le 31/10/2007 à 12:00 par familysecret
Bonjour,

Depuis le début, je n'arrive pas à répondre aux mails que tu m'envoies sur ma messagerie. Pour couronner le tout, ce soir, impossible de répondre à ton dernier commentaire. Seule solution: envoyer un post.

Je crains malheureusement qu'aucun éditeur ne soit intéressé par mon histoire. Trop peu de personnes croiront à ce que je raconte. Tout au plus, passerai-je pour une illuminée. Comment faire passer mon message?

Il existe des êtres malfaisants et invisibles qui n'ont qu'un seul but: détruire les Hommes. Certaines personnes ont la capacaité d'entrer en relation avec ces démons . Elles aussi ne veulent que du mal et ne se satisfont que du malheur des autres. Il existe également des charlatans dont le seul pouvoir consiste à savoir profiter de la faiblesse ou de la pathologie de leurs congénères afin de les spolier. En retraite depuis plusieurs années, mon père n'a aucune économie, il n'en a jamais eu et n'en aura jamais. C'est une proie rêvée pour ces pseudo "voyants". Toute sa vie il se croira envoûté. C'est le principe même de la paranoïa: être persuadé qu'on vous veut du mal.

Mon style littéraire demande à être travaillé avant que je sois en mesure de pouvoir écrire un livre.

Merci pour tes commentaires et ton témoignage.

C’est reparti pour un tour

Publié le 29/10/2007 à 12:00 par familysecret
Dernières nouvelles de la Sainte-Famille. J’avais vu juste. La Mère est retournée au bercail depuis quelques semaines. Elle logeait chez Raphaëlle, s’occupait de mes nièces mais a finit par se sentir gênée, installée entre Raphaëlle et mon beau-frère. Le Père l’a appelée plusieurs fois pour qu’elle retourne chez lui. Elle n’a pas dit oui tout de suite. A juste titre, elle lui a dit qu’elle n’avait aucune envie de revenir pour recommencer à vivre un calvaire : la façon dont il l’ignore, ses crises de nerfs, son plaisir à l’humilier, etc., etc. Il a réussi à lui monter la tête et elle a finit par monter dans sa voiture quand il est venu la chercher.

J’ai eu La Mère, hier au téléphone.
- Alors, t’es retournée au bercail ?
- Oui, oui, il est venu me chercher
- Il t’a dit quelque chose ?
- (baisse la voix) Ah ouais, mais tu sais elle voulait faire la loi ici, elle a dit que je n’avais rien à moi ici…
- Qui ça « elle »?
Je sais très bien de qui elle parle. Etre une enfant issue de La Sainte-Famille me permet de savoir parfaitement comment ses membres fonctionnent. Je sais parfaitement qu’elle me parle de ma demi-nièce, Jane, la fille de mon demi-frère et petite fille de La Femme des Antilles. Je sais parfaitement qu’elle est allée voir Mme T., que celle-ci a invoquée St Michel et qu’à ce moment là lorsque Mme T. ouvre la bouche, c’est notre « ennemi » qui parle à travers elle. Mais La Mère ne semble pas disposée à me raconter cela. Elle sait que j’ai pris de la distance avec toutes ces histoires, tous ces rituels.
- Tu sais, je ne veux pas dire son nom, la petite fille de ton papa
- Est-ce que toi tu l’as entendu dire ça ?
- Non…
- Ouais, alors ne commence pas à colporter des ragots
- Mais non, elle a vraimentdit ça…
- Tu l’as entendu ?
La Mère change de conversation. Elle n’ose pas me dire qu’elle est allée voir Mme T. J’insiste et elle finit par me dire que c’est mon oncle et ma tante qui ont répété ces choses au Père. Je sais que c’est faux, j’en ai la confirmation aujourd’hui.

Echange téléphonique avec Jenny aujourd’hui. Banalités d’usage, des nouvelles de ma puce, Tout le monde va bien ? –Ouais, ça va. C’est moi qui relance le sujet. « Alors La Mère est retournée au bercail ? » En moins de deux, je sais tout. Jenny a emmenée La Mère chez Mme T. « Elle est montée sur la planche » (Il s’agit d’un rituel « spécial Mme T »). J’ai droit à un récit détaillé de la séance de voyance. Pour faire court : Jane a fait de la sorcellerie à La Mère afin de la mettre à la porte. Quand Jenny commence à parler de sorcellerie, on ne peut plus l’arrêter. Il y’a longtemps que j’ai compris que je ne peux rien pour elle. Elle est la seule de nous quatre à continuer à aller voir des sorciers, voyants, marabouts. Tout comme Le Père, son sens critique disparaît face aux inepties de ces charlatans. Le problème est que Mme T. est réellement dotée de certains dons, et qu’elle a compris qu’il est inutile de dire à La Sainte-Famille que parfois elle ne sait pas. C’est quand même son gagne-pain. Jenny continue son blabla sur la séance de voyance. Je ne l’écoute que d’une oreille. A un moment, je l’entends me dire qu’elle en a marre de porter ce nom de famille maudit, qu’elle veut se marier pour changer de nom, quand tout cela va-t-il finir, « depuis qu’on est toute petite, on nous fait de la sorcellerie ». Je laisse échapper un faible ricanement. Je fais quand même une petite tentative :
- Mais quel est son intérêt de mettre La Mère à la porte ?
- L’argent
- Quel argent ?
- L’argent du Père. Il fait croire à tout le monde qu’Il a de l’argent. (C’est effectivement une des manies du Père) D’ailleurs il lui a fait plein de cadeaux : des vêtements, un frigidaire, …Alors, elle, bien sûr elle veut en profiter, tout lui piquer…

Que voulez-vous ? La Femme des Antilles est morte. Il faut bien quelqu’un d’autre sur qui se fixer pour que la pathologie familiale puisse continuer à se développer. Tant qu’à faire, autant que cela soit la petite-fille de cette malheureuse femme.

Lorsque je raccroche, je n’ai plus de forfait téléphone. J’ai décidé depuis longtemps de prendre de la distance avec La Sainte-Famille et de préserver ma puce. Fasse le Ciel que jamais je n’ai à la laisser entre leurs mains.

Parabole de l’enfant prodigue

Publié le 26/10/2007 à 12:00 par familysecret
22 ans. 23 ans. 24 ans. Les années passent et pour moi c’est l’enfer. Lorsque je ne rêve pas que je suis poursuivie par des skinheads, je rêve qu’une meute de chiens agressifs me poursuit. Je crie et me réveille en sursaut, heureuse de me retrouver dans mon lit. C’est sans arrêt les mêmes cauchemars depuis deux ans.

Mes blessures d’adolescente m’avaient rendue hâtée. Comment pouvais-je croire en Dieu alors que ma vie était à des années lumière de celle des filles de mon âge ? Après ma communion, je n’étais retournée à l’église que pour les mariages et les baptêmes autant dire presque pas.. Je choisis l’église la plus proche et à vrai dire la seule que je connaisse un peu. Notre Dame des Vertus est l’église où j’ai été baptisée et où j’ai fait ma communion. Cela fait longtemps que j’y pense mais tel l’enfant prodigue j’ai repousse à chaque fois le moment de franchir le seuil de l’église. Un jour, mue par une impulsion subite, je me jette à l’eau. Dès que je pousse la porte, tout me revient en mémoire. L’odeur des cierges, les statues, les vitraux, mais c’est surtout l’atmosphère. Indescriptible. Je ne trouve pas les mots. Je m’avance timide, presque honteuse. Je ne sais pas quoi dire, je ne sais plus comment on fait. Alors je récite les prières de mon enfance, « Notre Père qui êtes aux cieux… », « Je vous salue Marie pleine de Grâce, le Seigneur est avec vous… » Qu’est ce que je peux dire d’autres? Ah oui, j’ai apporté ma Bible. Je récite quelques psaumes et je m’en vais apaisée en me promettant de revenir.

La solution est là, je le sais.
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