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Nom du blog :
familysecret
Description du blog :
Derrière la famille idéale, mon enfance dans le monde de la sorcellerie, du vaudou, de la folie
Catégorie :
Blog Paranormal
Date de création :
11.10.2006
Dernière mise à jour :
04.01.2009

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Stormy weather

Publié le 16/02/2008 à 12:00 par familysecret
“Don't know why there's no sun up in the sky
Stormy weather
Since my man and I ain't together
Keeps raining all the time
Life is bare
Gloom and misery everywhere
Stormy weather
I just can't get my poor self together
So weary all the time”

(Ted Koehler / Harold Arlen)


Gloups ! Dur, dur. Plus aucune énergie. Je n’ai jamais été très vaillante en février. Pourquoi ? Je n’en sais rien.
A l’école je m’en souviens, mes notes chutaient toujours en cette période. Je me sentais vidée de ma substance, la tête envahie par des idées noires, le cœur rempli de désespoir. Depuis l’enfance ma vie m’avait toujours semblé infiniment plus terne que celle de mes camarades, mon avenir voué au malheur et à la souffrance, mais durant cette période hivernale tout cela prenait une ampleur considérable. Sans énergie, sans désir, sans espoir, j’étais comme morte. Seuls les premiers rayons de soleil lorsque les jours s’allongent, me ramenaient à la vie.

Rien n’y change. Aujourd’hui encore je disparais en février pour renaître début mars.
Je vais recommencer mes recherches d’emploi.
Reprendre mon blog et tout dire.
Recommencer à cuisiner, rééquilibrer mon alimentation et tenter de vaincre ma boulimie.
Me remettre à lire.
M’occuper de moi et me faire plaisir.
Apprendre à m’accepter et peut-être arriver à m’aimer.



--

Quand on a que la haine

Publié le 29/01/2008 à 12:00 par familysecret
« Quand on n'a que la haine
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours »
(D’après « Quand on a que l’amour » de Jacques Brel)

Dimanche, déjeuner chez les Parents. Repas sympathique. Echanges calmes. R.A.S.

Cela fait quelques années que la Sainte-Famille ne se réunit plus pour les fêtes de noël. La raison invoquée : la difficulté à se réunir à cause de notre emploi du temps. Jenny travaille pour un grand groupe international, elle est rarement en France pendant les fêtes. Raphaëlle est souvent de garde à l’hôpital durant cette période. Corinne et moi en profitons pour aller dans nos belles-familles respectives. La vérité est que :
1. Jenny et Corinne ne s’adressent plus la parole et s’ignorent royalement depuis 10 ans.
2. Après une querelle qui a duré 1 an et demi, Jenny et moi ne pouvons communiquer ensemble que par mail ou SMS. Qu’il est long le chemin qui mène au pardon…
3. Le Père n’a jamais accepté le mari de Corinne. Il ne s’est même pas rendu à leur mariage, mais ceci est une autre histoire.
4. Les vérités que nous avons exhumées et envoyées à la figure des Parents leur ont éclaté en pleine face. Une gêne s’est installée entre eux et nous, leurs filles.


Depuis nous entretenons des relations courtoises mais sans chaleur, sans amour, sans désir de se retrouver. En restant en contact avec eux, nous accomplissons notre devoir comme ils ont accompli le leur en nous donnons à manger et en nous soignons. De leur 4 filles, je suis la pire. Contrairement à mes sœurs qui accomplissent leur corvée régulièrement en bonnes filles chrétiennes, je vois les Parents très rarement. Tous les deux ou trois mois environ. Un détail ne trompe pas. Ma puce qui ne les reconnaît pas, se comporte avec eux comme s’ils étaient des étrangers. Elle se cache dans mes bras dès qu’ils font mine de l’approcher. Je sais qu’ils en souffrent. Quelques petites phrases sont lâchées ça et là : « C’est normal, elle ne nous connaît pas. On va se voir plus souvent ». Je leur dis oui en sachant que je ne ferai pas d’effort. Cette situation me convient. Loin d’eux, j’essaie de me reconstruire.

Depuis quelques temps, je sens comme un vide en moi. Une grande fatigue et un vide. Je crois qu’on appelle cela « avoir le blues ». Cela arrive par période sans prévenir. La haine qui me remplit depuis mon adolescence, haine envers mes parents ou envers les personnes qui m’ont fait du mal est en train de disparaître. Je sens que la rancune se dissout peu à peu. J’ai encore des crises durant lesquelles je me mets à parler toute seule, à ruminer mais la haine est moins forte. Je n’oublierai jamais mais je me souviendrai sans haine. Je me fâche et me vexe moins facilement qu’avant. J’ai l’esprit moins belliqueux. Cette haine qui s’en va me laisse un grand vide. Elle m’a structurée, m’a soutenue pendant des années. Moi qui n’ai connu que le mépris et le rejet de mes parents, je ne connais que ce sentiment. Cette haine est même encore plus grande que l’amour que je peux avoir pour mon amoureux et ma puce. Elle m’a dominée, écrasée toute ma vie. Quand elle disparaîtra complètement, si cela arrive, qu’arrivera t’il ensuite ? Comment vais-je vivre sans haïr ?

Ma puce et mon amoureux, priez pour moi, pauvre pécheresse.

Mémoires de jeunes filles rangées

Publié le 24/01/2008 à 12:00 par familysecret
La puce est couchée. Je ne sais pas comment en discutant avec mon amoureux, les souvenirs me reviennent. Bendix. C’est la marque du lave-linge que La Mère a eu durant 14 ans jusqu’à ce qu’il rende l’âme. Le Père ne voyant pas l’intérêt d’acheter un nouveau lave-linge alors qu’il y a 4 filles à la maison et une épouse, mes soeurs et moi avons passé nos samedis après-midi à faire « la lessive. » Plus jeunes nous étions trois : La Mère, Corinne et moi les deux plus âgées. Puis petit à petit, nous avions en charge nos propres vêtements, La Mère se réservant celui du Père et le sien. Penchée sur la baignoire, frotter, frotter, frotter. Ne pas faire attention aux mains qui s’effritent, il y’a de la crème pour ça. Les jeans, les pulls, les chemises, les sous-vêtements, nos vêtements démodés doivent être propres sous peine de subir les foudres de La Mère. Ne pas penser aux boums où se trouvent les élèves de ma classe, ne pas penser à la brunette qui la veille, toute excitée a tenu à me raconter qu’elle aurait aujourd’hui son premier RDV avec le beau brun « trop mignon ». Oublier qu’il y’en a trois qui à cette heure font la queue pour aller voir le dernier film dont tout le monde va parler pendant les inter cours. Non, frotter, frotter, frotter.

Tandis que je continue à parler, je vois le visage de mon amoureux se fermer. Ses yeux se baissent comme lorsqu’il est très ému. Il m’écoute en silence et ne dis rien. Je sais qu’il souffre pour moi. Ce n’est pas cette anecdote en particulier. C’est tout l’ensemble. Tout ce que je lui ai raconté avant, ce que je lui tais et ce qu’il me reste encore à lui raconter. Il découvre au fil des années que derrière mes diplômes se cachent un passé particulier. C’est plus fort que moi je continue à parler, j’ai besoin de lui dire.

Je suis à l’école élémentaire. Je présume que cela est tombé sur moi tout à fait par hasard Chaque semaine, n’importe quel jour, Le Père aboie « Pierrette, je t’ai préparé une lessive de chaussettes ! ». J’ai la responsabilité de laver les chaussettes du Père dans une bassine et de les faire sécher. C’est sa grande fierté. Il faut le voir comme il est heureux lorsqu’il raconte qu’il n’a jamais de problèmes de chaussettes car Pierrette s’en occupe. Je ne peux rien dire quand il raconte à qui veut l’entendre que c’est pour me faire plaisir qu’il agit ainsi, que je suis fière et ravie de laver ses chaussettes. Je n’ai même pas 10 ans. Je n’ai pas le droit de le contredire, je n’ai pas le droit de parler en sa présence. Je n’aime pas laver ses chaussettes et mon grand plaisir serait d’avoir une maison de poupée, une poupée Barbie avec sa caravane. Pour cela j’ai mes rêves tous les soirs.

Pourtant

Publié le 17/01/2008 à 12:00 par familysecret
Longtemps j’ai craint les « mauvais sorts ». J’ai prié pour que mes ennemis n’arrivent pas à m’atteindre. Qu’il s’agisse de « La Femme des Antilles », de mes ennemis « connus » ou inconnus, j’ai vécu dans la crainte d’être victime de sortilège. Toute mon enfance, mon adolescence, les premières années de ma vie de femme n’ont été hantée que par cette seule crainte.

Je sais aujourd’hui que Le Père est malade. Qu’il souffre de paranoïa aiguë. Son obsession quant à « l’éducation » des enfants, ses principes et ses méthodes de « dressage », son plaisir à nous rabaisser et à nous humilier, tout cela participe de sa pathologie. Les « marabouts » et autres voyants ou sorciers en ont largement profité, le dépouillant de tout son salaire, nous obligeant à vivre chichement. Je connais tous ces charlatans, toutes ces poudres de guérisons, les « parfumages », les breuvages répugnants à avaler, les mixtures nauséabondes avec lesquelles se frotter. Poules, dindes, tortues, cochons, pigeons, je revois ces pauvres bêtes sacrifiées à cause de la folie d’un homme et de la cruauté d’êtres sans scrupules, simplement motivés par le désir de dépouiller une famille entière. Moi, ces charlatans ne m’auront pas. Ni ma fille, ni moi n’iront à leur rencontre et je les fuis encore plus que la peste. J’ai tout raconté à mon amoureux lorsque je l’ai rencontré. Il a été effaré, impressionné, abasourdi. Il m’en a même voulu un certain temps. Lui qui a grandi dans une atmosphère d’amour, de dialogue, de rires, de complicité, il aurait préféré ne pas savoir. Il m’admire d’être encore debout aujourd’hui et d’essayer de continuer à avancer. Mais je n’ai rien d’une héroïne. Je suis cassée et je fais avec mes ruines et mes cendres. Je veux donner à ma fille une vie à l’opposé de la mienne.

Pourtant…

Je sais qu’il existe des êtres invisibles nuisibles qui n’ont pour seuls objectifs que de faire souffrir les Hommes. Gratuitement. Sans aucune raison. Comme ça, pour le plaisir. Dieu est Amour. Ces êtres là ne sont que haine et méchanceté. Un an avec un cadenas entre les jambes, trois années avec un diable en moi m’ont appris que la folie du Père a fini par lui faire rencontrer ce qu’il redoutait le plus. C’est moi qui ai trinqué. C’est moi qui ai mené la famille vers Mme T.

Aujourd’hui en 2008, je sais que nos relations avec les autres ne sont pas seulement fonction de notre apparence physique, de nos vêtements, de notre éducation. Il y’a quelque chose d’autre qui nous fait ressentir de la sympathie, un élan d’humanité les uns envers les autres. Je le sais pour avoir été agressée, méprisée et rejetée durant ces trois années d’enfer. Ce diable invisible qui avait pris possession de moi, comment arrivait il à chasser tous les garçons en face de moi ? A quoi pensaient-ils ces garçons qui me fuyaient lorsqu’ils me voyaient ? Ces personnes qui m’ont agressée que ressentaient-elles face à moi ? Du jour où cette bête est sortie de moi, mes relations avec les autres ont changé. Cela a pris du temps mais j’ai à nouveau fait parti du monde des humains. Quel autre élément entre en ligne de compte dans nos relations ? De l’intuition ? Des anges gardien ou des démons ? Des ondes positives ou négatives ? Comment cela est-il possible ?

Aujourd’hui je vis avec cette dualité. Considérer les marabouts du coin comme de vulgaires escrocs malsains. Rire avec les autres- les collègues, les amis- des conneries que ces charlatans peuvent raconter. Savoir au même instant que de mauvais esprits rôdent dans le monde invisible avec pour seul but de nuire et de détruire les Hommes.


Comment faire avec ce secret ?

Les jours suivants

Publié le 10/01/2008 à 12:00 par familysecret
"Cher bon Dieu. Chères étoiles, chers arbres, cher ciel, chers gens. Cher Tout. Cher bon Dieu" Alice Walker

Très vite, La Sainte-Famille rend visite à Mme T. D’abord Le Père, puis Corinne, Jenny, Raphaëlle et enfin La Mère. Une consultation puis un nettoyage. Toujours le même rituel. A nous 6, nous avons dépensé plus de 30 000 F pour nous défaire des cruautés de Tita.

Le 26 septembre 1992, Mme T. se déplace et nettoie la maison. Elle passe de pièces en pièces en psalmodiant je ne sais quoi. Le Père la suit comme un petit garçon soumis, un verre d’eau dans une main et des fleurs dans l’autre. Elle nous rappelle ce jour où Tita aussi s’était déplacée pour placer des esprits en les fixant avec du sirop d’orgeat. « C’est des diables qu’elle était venue mettre chez vous».

Quelques jours plus tard, je retrouve mes diplômes disparus depuis des années coincés derrière un des tiroirs de mon bureau. Je crois devenir folle.

Le 26 octobre 1992, le téléphone retentit. La Mère décroche. Les paroles qu’elle prononce nous font nous agglutiner derrière la porte afin d’essayer de deviner de quoi il s’agit. Le Père rentre de sa promenade matinale au moment où elle raccroche.
- X a téléphoné
- Quoi ?
- Tita qui est morte !
- Non ?
- Elle était à l’hôpital et brusquement quelque chose l’a pris, elle est morte.
- J’ouvre une bouteille de champagne !
- Non !

Nous avons toutes crié en chœur. Aucune de nous n’a la force de se réjouir. Ni même l’envie. J’ai la chair de poule et curieusement, une tristesse m’envahit en pensant à ses 6 enfants. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Je pense à ses orphelins et à leur malchance d’avoir eu pour mère cette créature du Diable.

La Sainte Famille est euphorique. Rien ne peut plus nous arriver. Nous croyons en l’avenir.

Le mois d’octobre touche à sa fin. Je suis assise dans l’amphi, concentrée sur mes notes de cours. J’ai repris mes études. Un beau garçon assis devant moi se retourne, m’aperçoit et me demande l’heure. Après la pause il va chercher ses affaires, remonte quelques marches et je sais qu’il va venir s’asseoir à côté de moi. Je sais ce qu’il veut mais moi je n’en ai pas envie.
Peu importe, pour la première fois depuis des lustres, je suis une femme face au désir d’un homme.

Chemin de résurrection

Publié le 30/12/2007 à 12:00 par familysecret
9 septembre 1992. Le Père m’a accompagnée. Dans la salle d’attente, au moment de se rendre dans la chapelle, je lui ai demandé de rentrer avec moi. Noëlle qui a subi sa séance de nettoyage quelques jours avant, m’a assuré qu’il est inutile de se déshabiller. A 25 ans, j’ai en effet décidé de ne plus jamais me mettre nue devant Le Père.

Mes souvenirs sont flous quant au déroulement de la séance…

Je suis au milieu d’un cercle ( ?) ou de quelque chose d’autre. Il y’a peu de temps, Jenny me disait que pour les séances de nettoyage, nous sommes invités à « monter sur une planche ». Je n’ai aucun souvenir de cette planche. Je me souviens en revanche de la grosse Croix en bois avec le Christ crucifié que je tenais fermement dans mes mains. Grâce aux bons conseils de Noëlle, j’avais retrouvé la prière « Je crois en Dieu, le Père tout puissant et en Jésus-Christ son fils unique… » et je l’avais apprise par cœur. A la demande de Mme T. qui effectue ses rituels, je récite d’autres prières, « Notre Père », « Je vous salue Marie », « Je renonce à Satan…». Mme T. elle aussi psalmodie des prières dont certaines que je ne connais pas, avec une force impressionnante. Elle semble mener une lutte, avec qui ?. En même temps, je lutte moi aussi mais contre une partie de ma pensée qui me dit que je suis en train de perdre mon temps, que Mme T. est en train de faire un cirque uniquement pour me voler mon argent. J’écarte ses pensées de mon esprit dès qu’elles me viennent.

Et soudain cela arrive. Dans mon ventre. Un déclic, comme un rot. Un mouvement imperceptible, discret, quelque chose qui bouge dans mon ventre. Je n’y prête pas attention mais Mme T. qui est pliée en deux devant moi et qui exécute je ne sais quoi face à mes pieds relève la tête. « Là, vous l’avez senti partir ? » C’est plus une affirmation qu’une question et je hoche la tête. Ce mouvement dans mon ventre, c’était donc la créature qui sortait de moi ?

« Les Saints que je vais placer sur vous, vous allez les prier. » La séance touche à sa fin. Je suis assise à la table de consultation et j’écris les noms énumérés par Mme T. : Saint Michel, Saint Christophe, Notre Dame de Lourdes, Saint Joseph, …6 au total dont deux que je dois prier particulièrement. Suit une liste de psaumes et de rituels à effectuer. Je repars avec un bidon rempli d’une eau rougeâtre : je me baigne avec, je nettoie la maison avec. J’ai aussi un thé spécial à boire et peut être d’autres choses à faire. La seule chose qui les différencie des horreurs prescrites par les marabouts qui ont bercé ma jeunesse c’est qu’elles ont l’air propres, en tout cas pas répugnantes.

Pour 5700 F, les trois quart de mes économies étudiantes , je vais pouvoir vivre comme les milliards d’êtres humains qui peuplent cette planète. Pour la première fois de ma vie, je regarde l’avenir avec espoir.

Je suis le Chemin… Nul ne vient au Père que par Moi.

Publié le 26/12/2007 à 12:00 par familysecret
« Sion disait L’Eternel m’a abandonnée,
Le Seigneur m’a oubliée !
Une femme oublie-t’elle son nourrisson ?
N’a-t-elle pas compassion du fils de ses entrailles ?
Quand elle l’oublierait,
Moi je ne t’oublierai pas.
Voici : je t’ai gravée sur mes mains…»



Jeudi 3 septembre 1992.

« Ouais, ben c’est pas cette petite dame qui va résoudre mes problèmes. » Je suis un peu déçue en la voyant. Mme T n’est pas bien grande et malgré sa silhouette rondelette elle paraît presque invisible. Elle parle d’une petite voix et a un joli sourire discret. Rien à voir avec les voyants et autres marabouts qui ont accompagné toute ma vie. Je soupire et me demande si un jour je vais m’en sortir.

Pavillon de banlieue avec un jardin. Le couloir de l’entrée sert de salle d’attente. Pour aller en consultation, il faut ressortir et se rendre dans une petite bâtisse dans le jardin. Noëlle s’y rend la première avec sa mère. Elles me laissent seules avec P. la fille de Noëlle. Je déploie des trésors d’imagination pour occuper cette petite fille de 2 ans qui à 14h00 n’a toujours pas déjeuné. Le temps me semble interminable. Elles finissent par revenir. J’entends leur voix avant de les voir.
- « Je t’avais dit ça ! »
- Ouais mais…
Elles rentrent très agitées. Noëlle me lance à la figure « Paul il est mauvais ! » Ah bon ? « Ouais, il a jeté la bougie ». Paul est le père de P. Toutes à leur excitation, elles arrivent à répondre à mes questions. Le principe est simple. Mme T. appelle St Michel et St Michel appelle notre ennemi avec lequel nous conversons. Mon cœur s’accélère. Je ne veux parler à personne, je veux juste être guérie. Je leur fais part de mon souhait de ne parler à personne. Elles répondent en chœur. Je dois y aller et parler, il n’y a pas d’autres choix. Je regarde Noëlle.
-Tu viens avec moi !
- Ah non, ça me fait trop peur
- J’y vais pas toute seule
Finalement, c’est la mère de Noëlle qui vient avec moi.

La petite bâtisse est en fait une chapelle. Au sol de l’entrée on peut y lire « La maison de Dieu ». L’endroit est clair et très propre. C’est tout le contraire de l’antre de Tita. Sur la table d’innombrables statuettes de Saints, des chapelets, des bougies, … Un écriteau écrit à la main. « Nous informons notre clientèle que la consultation passe à 350 F. Cette augmentation est due aux impôts» Aïe ! Je n’ai que 300 F ! Pas de problème la mère de Noëlle me dépanne. La séance commence. Comme Tita, Mme T. entre à l’intérieur d’elle-même. C’est tout de même moins spectaculaire qu’avec Tita. . « Bonjour, je suis St Michel » Je rattrape la mère de Noëlle qui a commencé à parler avant moi « Bonjour Saint-Michel ».
15 ans après, j’ai oublié la majorité de ce qui s’est dit durant la séance. Une chose est certaine, avant même que je lui explique de quoi je souffre, St Michel m’annonce qu’il doit me dire quelque chose qui risque de me faire peur. J’avale ma salive.
- Vous êtes enceinte pour le démon
- …
- Il va falloir une séance de nettoyage… (concentration extrême) Il y’a du monde chez vous,?
- Euh… oui, il doit y avoir ma mère, ma famille, euh…mes parents
- (Ton autoritaire) Quand je vous dit quelque chose, c’est à vous de savoir ce que je veux dire ! Je parle de gens invisibles !
- Ah ! Euh..ah d’accord
- (Concentration extrême) Vous avez perdu quelque chose ?
- Euh …(je cherche vite avant de me faire gronder à nouveau) …Ah oui ! Mes diplômes ( cela fait presque un an que je ne les retrouve pas)
- C’est quelqu’un que vous connaissez qui vous a fait ça
- Euh, une fille de ma classe ?
- …
- (A moi de trouver) Euh, une compatriote sans doute ?
- C’est quelqu’un dont vous étiez très proche
- Martine ?
- …
- (Très surprise) C’est Martine ?
- Appelez la
- Martine
- Trois fois, appelez la trois fois
- Martine, Martine, Martine
- (La tête de Mme T se tourne brusquement de droite à gauche) Qui m’appelle ?

Le reste de la conversation s’est perdu dans ma mémoire mais le principe est celui-ci : j’ai « dialogué » avec Martine que j’ai connu au collège et avec qui j’ai fait une partie de mes études supérieures. Elle m’a avoué toute l’aversion qu’elle avait pour moi. Je me souviens qu’à un moment elle m’a traité de « princesse » terme que j’ai trouvé étrange dans sa bouche. En bref, elle a fait disparaître mes diplômes pour m’empêcher de trouver du travail et elle m’a donné un « mari », c'est-à-dire le diable que j’ai sur moi, pour m’empêcher de faire ma vie.

Les recommandations de St Michel sont les suivantes : subir un « nettoyage » et aller prier à Notre-Dame des Victoires.

Je ressors de là épuisée. Nous nous retrouvons chez la mère de Noëlle et là nous nous lâchons. Nous parlons presque toutes en même temps. Je suis tellement remuée que j’en oublie que c’est le Père qui a fait ses arrangements avec Tita pour que les hommes s’éloignent de moi durant mes études. Pour moi, à ce moment là, la coupable c’est Martine. C’est elle la responsable de tous mes maux.

Une fois rentrée, la Sainte-Famille écoute mon récit pétrifiée. Le Père et Jenny sont les plus pressés de rencontrer Mme T. A bout de forces, je vais me reposer et m’endors en moins de deux. Nous sommes en plein jour mais je sens encore une fois les bras puissants et velus qui m’enserrent. Je me réveille à moitié et pour la première fois j’insulte la créature de bon cœur. Une fois encore je sens ces bras et ce corps puissants m’enserrer. Je réitère mon juron et m’endors complètement sans inquiétude. J’ai RDV le 9 septembre pour mon nettoyage.

2008

Publié le 25/12/2007 à 12:00 par familysecret
Bonnes fêtes de fin d’années à toutes les personnes qui me lisent.

Toutes mes pensées et toute mon affection aux enfants non désirés, non respectés et surtout sans amour.

Lumière et clairvoyance à toutes les victimes des pseudo marabouts et autres voyants.

Que les personnes qui ont d’une manière ou d’une autre croisé le démon trouvent la paix et la délivrance en Jésus-Christ.

A tous paix et amour !

Septembre 1992

Publié le 20/12/2007 à 12:00 par familysecret
« L'Éternel affermit les pas de l'homme,
Et il prend plaisir à sa voie;
S'il tombe, il n'est pas terrassé,
Car l'Éternel lui prend la main.
J'ai été jeune, j'ai vieilli;
Et je n'ai point vu le juste abandonné,
Ni sa postérité mendiant son pain. »

2 septembre 1992. La porte s’ouvre lentement. Une femme apparaît dans l’embrasure de la porte. Elle nous regarde d’un air méfiant.
- Oui ?
- On vient voir Mme X
- C’est pour quoi ?
- C’est Patricia qui nous envoie
Le visage de la femme se détend et elle nous ouvre la porte avec un grand sourire. Terrorisée, je n’ai pas dit un mot, me contentant de fixer la barbichette de cette femme au regard noir. L’appartement est propre et meublé simplement. Elle nous fait entrer dans une des pièces, simplement fermée par un rideau et de toute évidence emménagée pour des séances de consultation. Après des années d’expériences derrière moi, je commence à m’habituer. A son signe, nous nous asseyons derrière une table où se trouvent installés les objets habituels : cartes, bougies, etc. Elle disparaît puis revient avec une brosse de balai et s’empare d’une bassine qu’elle se met à frotter énergiquement. Noëlle et moi sommes toujours muettes. Elle se décide enfin à parler. « Là, je suis en train de tuer une dame. Elle est venue me voir il y’a un an pour me dire que son mari allait la quitter, de faire quelque chose pour elle parce qu’elle ne voulait pas que son mari la quitte. J’ai travaillé pour elle mais elle ne m’a jamais payé. Je lui ai demandé plusieurs fois mon argent mais elle ne me l’a pas donné. Et ben maintenant je m’occupe d’elle . Elle m’a appelé il y’a deux jours pour me dire qu’elle commençait à cracher du sang et qu’elle allait me payer. Je lui ai dit ’Madame, il est trop tard’ ». Contrairement à Tita, la dame parle en français mais je devine à son accent qu’elle est Haïtienne. J’avale péniblement ma salive tandis qu’elle repose calmement ses objets pour venir nous rejoindre. Elle s’installe face à nous et allume une bougie. « Nous allons prier ». Un « Notre Père » et un « Je vous salue Marie » les mains jointes. La séance peut commencer. « Qui commence ? » Aucune de nous n’est pressée. Après quelques tergiversations, c’est Noëlle qui se lance. Mes souvenirs quant à sa consultation sont très vagues. A-t-elle parlé du père de sa fille ? Je ne me souviens plus. Je suis sûre néanmoins qu’elle lui a parlé de l’homme installé chez elle et qui vit à ses crochets. Vient mon tour. Je lui explique que mon père était à la recherche de quelqu’un pour se « défaire » des soucis qu’il avait, qu’il a finit par trouver une femme qui au final lui a fait encore plus de mal.
-C’est une Haïtienne ?
- Oui
- Son nom n’est pas Tita ?
- Euh, je sais pas… je la connais pas trop (on n’est jamais trop méfiant)
- C’est pas une chabine ?
-Si !
- 4 personnes m’ont déjà raconté la même histoire sur elle

Elle regarde sa bougie d’où elle puise ses pouvoirs et me fait tirer les cartes. «Ouh ! » Accroché au mur une tête de mort de couleur blanche que l’on devine derrière un petit voile blanc se manifeste. « Tais-toi !» La tête se tait aussitôt. Sans que je n’ai rien ajouté elle me dit ce que je sais déjà. Un démon est en moi qui fait fuir tout les hommes devant moi. Je ne peux qu’acquiescer, elle a vu juste. Elle s’interrompt de temps en temps pour faire taire la tête de mort. Après Total : 400 F la consultation pour chacune. Pour Noëlle et sa fille, un désenvoûtement qu’elle arrondit à 6000 F pour les deux (C’est parce que c’est Noëlle et qu’elle a bien vu que c’était quelqu’un de bien.) 6000F pour moi également. Gloups ! Mes petites économies amassées pendant mes études vont en prendre un sacré coup ! Nous partons la tête basse, écrasée par toutes ses révélations. Nous allons la rappeler pour prendre RDV pour un prochain désenvoûtement.

De retour à la maison, je ne peux pas retenir ma langue. Je raconte tout à La Mère qui bien entendu va tout raconter au Père. Ce dernier vient me demander quelques renseignements comme cela, au passage. Qui est cette femme ? Où habite t’elle ? Il ne dit pas un mot, rien ne transparaît sur son visage. La Mère revient vers moi 2 minutes plus tard. Cette femme n’est pas bonne, elle est aussi mauvaise que Tita. Le Père la connaît (j’aurais dû m’en douter) et elle risque de me faire autant de mal.

Sans hésiter, j’appelle Noëlle. Elle aussi a tout raconté à sa mère par téléphone. « Maman, nous emmène voir quelqu’un d’autre demain ». RDV est pris. Cette fois encore les parents n’en savent rien.

Le mois de septembre ne fait que commencer.

Continuer le combat…

Publié le 19/12/2007 à 12:00 par familysecret
Petites anecdotes à propos de mes vacances.

CHAPITRE I : Le Père

C’est le Père qui nous a accompagné à l’aéroport parce que La Mère a arrangé les choses ainsi. Un petit coup de fil quelques jours avant notre départ et voilà que tout à coup sans le faire exprès, je lui annonce que nous allons prendre un taxi pour nous rendre à Orly. « Demande à ton papa ». Je reste sidérée, hésite, essaie de lui dire quelque chose qui a du mal à venir, je bafouille. Elle insiste et appelle Le Père. Le tour est joué, il nous accompagne. Je déteste avoir à lui demander quelque chose, je déteste avoir à faire avec lui, je déteste dépendre de lui. Grâce à lui, nous économisons le prix d’une course.

Dernier dimanche avant notre départ.
Mon cousin m’appelle, « téléphone pour toi ». Ah bon ? Je ne vois pas qui cela peut être et cela se voit sur mon visage.
Allo, Pierrette ? Ouais, c’est moi.
Des nouvelles de ma puce puis on passe aux choses sérieuses.
- Je te donne le numéro de téléphone de Marius pour que tu l’appelles. Tu l’appelles et tu vas le voir.
- Euh, ouais…ouais…euh, attends, je vais prendre de quoi écrire
Je n’ai pas envie d’aller voir l’oncle Marius et le ton directif du Père me fait monter la moutarde au nez. Je note le numéro.
- Bon, tu vas le voir un matin ou un soir…
- Pas un soir car il y’a l’heure du coucher pour …
- Ouais, bon si c’est pas un soir, t’y vas en journée. J’ai dit à Marius que tu étais là-bas. Il m’a dit « Ah bon, et elle n’est pas venu me voir ? » Ca fait deux fois que tu vas là-bas, tu n’as pas été le voir
- (La colère m’étouffe et me laisse sans voix)
- Tu ne peux pas aller en Martinique et ne pas aller voir ton oncle
- Ouais…ouais, ouais…ouais
- Bon, je te passe ta mère…
- …
- Tu essaies de faire un effort et tu vas voir ton oncle
- (Grrrr !)
- Bon, je te passe ta mère…

Petite précision. Je n’ai jamais été en relation avec l’oncle Marius, frère du Père si ce n’est en 1983, année où il est vrai, il avait offert à chacune de nous, ses nièces, un petit collier de perles. Il y’a 3 ans nous étions en Martinique. Le jour même nous l’avions appelé. Le Père possédait une voiture qu’il avait laissée sous la surveillance de l’oncle en question et il nous avait donné l’autorisation de l’utiliser pendant nos vacances. L’entretien téléphonique avec l’oncle Marius avait été plus que bref. Juste le temps de me raconter une histoire à dormir debout. La voiture était brusquement tombée en panne et était bonne pour la casse. Hop, avant que j’aie eu le temps de dire ouf, il avait raccroché. Pas d’échanges, pas de nouvelles, rien. Un mensonge, trois petits tours et puis s’en vont. Et bien casse-toi. La première surprise passée pour mon amoureux, nous avions fini par louer une voiture à un prix raisonnable grâce à ma tante alors salariée d’une agence de locations de véhicules.
Premièrement, mon sens du devoir concernant les membres de ma famille a complètement disparu. Bye, bye la culpabilité judéo-chrétienne. Deuxièmement, le ton de dictateur du Père m’a définitivement dissuadée de prendre contact avec son frère.

Trois jours avant notre départ, La Mère arrive en Martinique pour passer quelques jours de vacances. Par Jenny qui a appelé il y’a 2 jours, je sais que ma conversation avec Le Père a été répétée et je devine sous quelle forme. Jenny parait surprise lorsque je lui donne ma version. Trois jours de sous-entendus et de tentatives pour que j’appelle Le Père afin qu’il vienne nous chercher, mon amoureux ayant refusé de la faire. Je finis par le faire. No problème. Le jour de notre arrivée, Le Père est ponctuel comme toujours. Nous discutons tous les trois dans la voiture pendant que ma puce est endormie. Aucune allusion à l’oncle Marius.

Qu’est-il arrivé au Maître de la Sainte-Famille et à son autorité suprême?

CHAPITRE II : La Mère

Il fait chaud. Nous sommes vautrés sur le canapé. Mon amoureux sur le canapé, la Mère et moi chacune sur un fauteuil face à la TV. Nous papotons depuis quelques minutes tandis que mon amoureux est fasciné par l’écran. Soudain les lèvres de la Mère se pince et elle prend son air de vierge outragée. « Mets ton pied par terre ! » Comme elle a chuchoté, je fais comme si je n’avais pas entendu et continue ma conversation. Elle m’écoute mais je vois bien qu’elle se sent mal. Ce qui la met dans cet état c’est que je suis assise, ma jambe gauche repliée contre moi et comble de l’horreur, mon pied nu repose sur le fauteuil. Dans la Sainte-Famille cela ne se fait pas. On se tient droite, les bras sur les accoudoirs, les jambes serrées et les pieds parallèles. Sauf que depuis des années je paye ma psychanalyste pour qu’elle m’aide à me débarrasser des interdits familiaux. La Mère n’en peux plus et elle me dit d’une voix sans appel
- Pierrette mets tes pieds par terre !
- Pourquoi ?
- (Elle me désigne ma grand-mère de la tête) Ne mets pas tes pieds sur ses affaires
- Pourquoi ? Je n’ai pas gardé mes chaussures, je suis pied nu
- Je te dis ça pour ne pas abîmer ses affaires
- (Je désigne le verre d’eau qu’elle tient à la main) Va mettre ton verre à la cuisine
- Je le tiens dans ma main, je ne l’ai pas mis sur son fauteuil
- tu vas renverser de l’eau sur son fauteuil
Elle se tait. Moi pauvre gourde qu’est-ce que je fais ? Je prends le produit anti-moustiques, en passe sur chacune de mes piqûres, histoire de faire diversion et parce que la tension interne est trop forte, je mets mon pied par terre. J’enrage mais elle a l’air satisfait. Comme ça, en passant je tourne la tête vers mon amoureux. Toujours très concentré sur le programme TV, il n’a rien entendu de nos chuchotements. Ses deux pieds reposent sur le canapé. J’ai un sourire en coin car elle a suivi mon regard. Elle ne veut et ne peut rien dire sous peine de passer pour une mégère aux yeux de son gendre.


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