Créer un nouveau blog :

A propos de ce blog

Nom du blog :
familysecret
Description du blog :
Derrière la famille idéale, mon enfance dans le monde de la sorcellerie, du vaudou, de la folie
Catégorie :
Blog Paranormal
Date de création :
11.10.2006
Dernière mise à jour :
04.01.2009

RSS

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Conjurer le sort (5)
· Faire semblant (6)
· L'enfer de l'adolescence (3)
· L'enfer familial (6)
· La tendresse d'une mère (4)
· Le Père idéal (5)
· Ma vraie famille (7)
· Mes séquelles (10)
· Messages personnels (3)
· Moi aujourd'hui (15)
· Paranoïa (4)
· Se faire du mal (3)
· Sorcellerie (4)
· Vaudou (19)

Navigation

Accueil
Gérer mon blog
Créer un blog
Livre d'or familysecret
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !

Articles les plus lus

· Tous les garçons et les filles de mon âge...
· Souvenir du samedi matin
· Comme un garçon regarde une fille
· De retour
· Mes années collège

· Un certain goût pour les cintres
· Hier encore, j’avais 20 ans
· Un diable dans la ville
· Retour d’Haïti
· Une semaine après
· Seule dans l'univers
· Le réconfort d’un Père et d’une Mère
· Vider son sac
· Ma vérité sur mon père
· La vengeance est un plat qui se mange froid

Voir plus
 

Statistiques 94 articles


Derniers commentaires

oui, je comprends ce que tu dis et je ne suis surement pas la seule....
(Voir la suite)
Par Soka, le 18.09.2009


je trouve que votre histoire est bien racontée et vous avez raison de dire ce que vous avez sur le coeur; vous...
(Voir la suite)
Par zazou, le 25.03.2009


bonjour ou bonsoir je suis très émue par ce que vous avez écrit, je souffre pareillement chaque jour que dieu...
(Voir la suite)
Par zazou, le 24.03.2009


bonjour, votre histoire est terrifiante et fascinante à la foi.( et très bien écrit de surcroit) et votre tém...
(Voir la suite)
Par Human, le 13.03.2009


ta vrèmen un coeur dor tu sè g t soutien a cent pour cent!!!!...
(Voir la suite)
Par une fille qui te r, le 02.03.2009


c'est facile,ce que tu dit est vrais je le pense aussi mais il y a pas que ça en nous on a un demon cacher q...
(Voir la suite)
Par mickael, le 12.02.2009


gaza en image et sans comentairelien vers mon blog...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 17.01.2009


coucou! j'ai lue ton message et cela m'a beaucoup touchée.tu sais dans la vie,il y à des moments pour travail...
(Voir la suite)
Par Une fille qui te s, le 12.01.2009


moi aussi j ai envie de pleurer je me disaient que l ecole primaire c estait bien je me santait pas a ma place...
(Voir la suite)
Par edwige, le 02.12.2008


j ai traverser des moment dificile et inimaginable dans ma vie quan j ai abandonner ma culture accident perte ...
(Voir la suite)
Par marie, le 23.11.2008


faire un voeu! regarde ce truc - chez moi ca a marcher a 100%- ca va t'effrayer. la personne qui me la envoy...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 07.11.2008


merci pour les commentaires et les encouragements. j'y suis très sensible. mon blog est très peu lu mais tant ...
(Voir la suite)
Par familysecret, le 04.11.2008


j'ai lu plusieurs de vos articles, ils sont tous très bien rédigées... (jme répète! ^^ ) je repasserai certa...
(Voir la suite)
Par la-cerise-des-cham, le 03.11.2008


tes parents sont vraiment durs !!! surtout ton père en tout cas, je me répète, mais tu écris vraiment bien...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 03.11.2008


c'est fou ce que je peux me reconnaitre dans ces quelques lignes. je suis passée par hasard sur ton blog, et c...
(Voir la suite)
Par Anonyme, le 03.11.2008


RSS

Recherche

Blogs et sites préférés

· blogzone


Pensées particulières pour ce début d’année

Publié le 04/01/2009 à 12:00 par familysecret
Pour 2009 ? Santé et amour sans lesquels nous ne sommes rien.

Une pensée pour les enfants maltraités, battus ou humiliés. Que Jésus-Christ les accompagne dans leur chemin de croix.

Une pensée pour les adolescents « différents », isolés, rejetés et méprisés. Qu’ils trouvent la force de se projeter dans l’avenir et qu’ils gardent espoir.

Une pensée pour toutes les femmes possédées. Que nos prières les mènent vers la délivrance.

A tous ceux qui n’ont personne à qui faire partager leur souffrance, à tous les incompris, les boucs émissaires, et autres damnés de la terre, que cette année soit pour vous un début de chemin vers La Lumière.

Bonne année aussi à tous ceux qui vont bien et ne sont pas dans la peine.

Bonne année 2009 !

C’est elle qui m’a donné la vie

Publié le 18/12/2008 à 12:00 par familysecret
« Finalement, vous n’avez jamais fait autant de choses que depuis que vous avez un enfant ». C’est la réflexion que m’a faite ma psy lors de ma dernière séance. C’est curieux, je m’étais dit la même chose il y a peu de temps.

C’est vrai que j’ai l’impression de commencer à vivre, à m’intéresser aux choses simples. A force de montrer à ma puce la petite coccinelle qui se promène sur le brin d’herbe, de lui raconter l’histoire du petit dinosaure qui change de couleur dès qu’il mange quelque chose, de danser avec elle dans mes bras, d’éclater de rire avec elle pendant l’heure du bain, mon regard sur le monde extérieur s’est modifié.

Certes je rumine toujours autant. Je grommelle dans mon coin, ma rancune est immense. mais…

Je fais de la danse. J’emmène ma puce voir des spectacles pour enfant, je vais au cinéma au moins une fois par mois. Mon amoureux et moi avons recommencé à aller au théâtre et à recevoir chez nous. Je me mets aux fourneaux avec plaisir, chose inimaginable il y a encore quelques années. J’invente, j’innove, je propose…j’ai plein d’idées dans la tête.

Lundi soir, j’ai eu l’idée en accord avec mon amoureux de faire un goûter de Noël. Raphaëlle et mon beau-frère viendront avec mes deux nièces. Corinne recevant sa belle-mère, j’ai pu inviter Les Parents. Si Corinne avait pu venir, je n’aurais pas invité Les Parents. Cela fait 8 ans qu’ils sont fâchés mais j’espère encore qu’un jour…Je n’ai pas invité Jenny, pas encore prête à la recevoir. D’ailleurs, elle est à nouveau absente. C’est pratique de travailler pour l’étranger…

Le diable qui a habité en moi il y a quelques années hante encore ma mémoire, mes nuits, mes cauchemars. Je l’ai vaincu grâce à Dieu et à mes prières et j’espère faire en 2009 un pas de plus vers la Lumière.

Merci ma puce.

JNT

Publié le 13/12/2008 à 12:00 par familysecret
Trois lettres pour Jour Non travaillé. Il paraît que c’est la nouvelle appellation pour les RTT du moins en ce qui concerne les cadres. Je n’ai pas bien compris en fait pourquoi cela a changé de nom. Une chose est sûre, c’est que lorsque j’en pose un je ne travaille pas.

Jusqu’à présent, je les ajoutais à mes CA (congés annuels) pour rallonger mes vacances ou pour partir en week-end avec mon amoureux. Il m’a pris une idée folle cette semaine, c’est d’en poser un sans rien dire à celui qui partage ma vie. Je ne sais pas pourquoi, j’ai décidé que cette journée serait la mienne.

1. J’ai déposé ma puce chez son assistante maternelle comme d’habitude. Pris le bus et attrapé mon RER comme d’habitude.
2. Cinéma à la séance de 9h10, « Aide-toi, le ciel t’aidera », superbe film de François Dupeyron avec la belle Félicité Wouassi, formidable actrice.
3. Achat d’un CD pour mon amoureux suite à sa « lettre au Père Noël » que j’ai reçu par mail.
4. Achat pour moi. Pas de regard sur le prix. Une seule règle : j’aime, j’achète. C’est joli, c’est sexy, c’est de la lingerie. Depuis quelques temps, je dors avec les nuisettes que je m’étais acheté pendant les soldes. Elles sont très belles et très sexy mais pas du tout adaptées pour la saison. La frileuse que je suis se choisis deux pyjamas bien chauds et dessinés pas des stylistes hors pairs. J’aurai chaud en étant élégante et sexy ! Mon cœur s’accélère quelques secondes lorsque je m’approche de la caisse. J’achète toujours pendant les soldes ou lorsque j’ai des promotions et je fais toujours attention au prix. Sauf que là, c’est MA journée. Le prix s’affiche :245 euros. Record battu pour moi. J’avale ma salive et sors ma carte bleue. Je quitte le magasin avec la joie d’une petite fille qui vient de faire une bêtise. Je me reprends bien vite. Il ne s’agit aucunement de bêtise. D’ailleurs, il faut que je continue le programme que je me suis fixé, ma journée n’est pas finie.
5. Soucis sur la ligne A du RER. Obligée de prendre les correspondances. Cela va me retarder dans mon programme. Achat du 2ème cadeau pour mon amoureux. Celui-là ne fait pas partie de sa liste. Ce sera une vraie surprise.
6. J’ai du retard suite aux problèmes de RER. Je ne peux pas suivre le trajet fixé. Résultat : je renonce au film que je comptais aller voir. Je reste sur place et en choisis un autre : « Pour elle » avec l’excellent Vincent Lindon et la belle Diane Kruger. Sympa. J’ai passé un bon moment mais je ne crois pas que ce film s’inscrira dans les annales du cinéma.
7. Passage à la Sécu pour une nouvelle attestation de carte vitale, en attendant ma nouvelle carte. Je me demande encore où j’ai perdu l’autre (Grrrrrr….)
8. Passage à la banque pour ma carte bleue. Pas de soucis, ils m’en enverront une nouvelle. Non, non, je ne l’ai pas perdue celle-là. Elle arrive juste à expiration.
9. Je vais chercher ma puce qui explose de joie en m’apercevant. C’est son père qui va la chercher d’habitude et beaucoup plus tard.

Ma journée s’est terminée calmement. J’ai repris le boulot le lendemain en me jurant de recommencer. C’est tout de même plaisant de faire attention à soi.
.

Œdipe et la mort

Publié le 11/12/2008 à 12:00 par familysecret
« Beau papa ! Il est beau papa ! »
Les yeux éperdus d’amour, ma puce regarde son père et déclame son admiration. Un grand sourire au lèvre je lui demande « Et maman, elle aussi elle est belle ? » Avec un bel aplomb, elle me répond « non, c’est moi qui est belle, pas maman ». Je hausse les épaules, lui tire la langue et nous éclatons de rire toutes les deux.

C’est normal, me dis-je. Elle est amoureuse de son papa comme toutes les petites filles. Toutes, vraiment ? Moi aussi j’ai été amoureuse du Père et jalouse de la Mère ? Moi aussi, je voulais me marier avec lui ? Je n’en ai bien sûr aucun souvenir. Je me souviens néanmoins que La Mère racontait que petite, Corinne voulait épouser Le Père. Il est vrai qu’elle seule le vénérait lorsque nous étions enfant y compris lorsqu’il nous humiliait et nous frappait.

Œdipe est-il toujours présent ? Une petite fille tombe t-elle forcément amoureuse de son père ? Je pense que non. La nuit dernière, j’ai rêvé du Père. Il me regardait menaçant comme à l’époque où il m’épouvantait. Il me demandait en m’affrontant du regard si j’avais quelque chose à lui reprocher concernant ses méthodes éducatives, si j’avais quelque chose à redire sur le cadenas qu’il nous avait fait mettre entre les cuisses et sur son pacte avec Tita pour que je fasse des années d’étude en étant une nonne. Terrorisée, aucun son ne sortait de ma bouche…

J’ai porté ma croix, je devrais être ressuscitée avec ma nouvelle vie mais je suis marquée à jamais. Malgré tous mes efforts pour essayer de me reconstruire, pour apprendre à m’aimer, rien ne semble me redonner goût à la vie. Seule ma puce m’a appris à avoir peur de la mort. L’idée qu’elle puisse être orpheline, que je ne serai plus là pour veiller sur elle, me donne l’envie de continuer à vivre.

Je continue à avancer

Publié le 27/11/2008 à 12:00 par familysecret
Je viens de finir ma « lettre au père noël ». Cette année, j’ai décidé que mon amoureux ne m’offrirait plus mon cadeau de noël en février ou en mars, parce qu’il n’avait pas réussi à trouver d’idées de cadeaux ou qu’il n’avait pas trouvé le temps de le faire. Moi, j’ai toujours des idées et je trouve bien le temps !

Dans mon chemin pour apprendre à m’aimer à me respecter, il faut que je change également le regard des autres sur moi. Auparavant, je pensais que ce n’était pas grave, que ce n’était pas vraiment la peine de dépenser de l’argent pour moi, qu’il y avait d’autres priorités, et que de toutes façons je ne désirais rien en particulier.

Comment peut-on se dévaloriser à ce point ?

J’ai fait une liste de cadeaux et elle ne contient que des choses pour moi. Rien pou la maison, pour nous deux ou pour ma puce et moi. Non, rien que des choses pour moi. Pour des cadeaux dont le prix varie entre 7,60 € et 59, 90 €, j’ai proposé 2 soins de beauté, 2 CD et 2 livres. A lui de faire son choix.

Je ne lui ai pas encore parlé de cette liste, je compte le faire ce week-end. J’imagine sa surprise et les réflexions qu’il va me faire. Je conçois parfaitement que cette idée est bizarre mais même s’il ne s’en inspire pas, peut-être cela va-t-il le faire réfléchir ?

Je suis celle qu’il a choisie, celle qu’il a épousée, celle qui l’a rendu père. Je ne suis pas n’importe qui pour lui. Je ne suis pas rien.

Déclin d’un règne ?

Publié le 23/11/2008 à 12:00 par familysecret
"Je confesse à Dieu tout-puissant,
Je reconnais devant mes frères que j’ai péché
En pensée, en parole, par action et par omission ;
Oui, j’ai vraiment péché.
C’est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints,
Et vous aussi, mes frères, de prier pour moi le Seigneur notre Dieu."





C’est en invitant une amie d’enfance à déjeuner que j’ai appris que Le Père était en France. La Mère étant partie en Martinique depuis deux mois, la question que tout le monde me pose est « Et ton père est avec elle ? » La première fois que l’on m’a posé cette question, je me suis aperçue que je ne me l’étais pas posée. Que Le Père soit en France ou ailleurs, que m’importe ? Le père de mon amie a croisé Le Père et ce dernier se serait plaint du départ de La Mère. « Elle part pour s’occuper de sa mère (= ma grand-mère) alors que ses sœurs (= mes tantes) sont là et pourraient s’en occuper »

La vérité est que La Mère a depuis plusieurs années le projet de faire construire un petit appartement sur la part du terrain familial dont elle a hérité. Son rêve est que nous ses filles nous ayons un endroit où séjourner lorsque nous partons en Martinique au lieu d’être hébergées dans la famille. Régulièrement, elle se rend en Martinique pour suivre l’avancée des travaux. Contrairement aux fantasmes du Père qui a dépensé tous ses deniers chez les marabouts, La Mère a mis en action ce qu’elle a projeté…dans le plus grand secret. Le Père en effet n’est absolument pas au courant de ce qu’elle fait. Dès qu’elle a recommencé à travailler en 1986, La Mère a économisé pièces par pièces sur son maigre salaire pour atteindre son objectif. Sans dire un mot à celui qu’elle a épousé pour le meilleur et pour le pire. Cela fait donc 22 ans qu’elle lui ment…
Huitième Commandement


La vérité est que Le Père est trop orgueilleux pour avouer qu’il souffre que ses filles ne l’appellent pas. Sa grande crainte est de se retrouver seul dans son appartement d’avoir un quelconque problème et d’agoniser à petit feu avant de mourir seul. « S’il m’arrive quelque chose… » aime t-il à répéter. N’ayant jamais été proches de lui, de son fait par ailleurs, il ne nous est pas naturel de lui téléphoner. Le silence qui prévaut sur notre passé, nos relations, n’a fait qu’accroître notre rancune.

Je ne m’inquiète pas pour lui et je sais que cela étonne mon entourage. Personne ne m’a jamais fait aucune remarque ni posé aucune question mais j’imagine que cela doit paraître bien curieux lorsque ses parents représentent quelque chose pour soi. La Mère va-t-elle rentrer à noël pour passer les fêtes avec lui ? Va t-il la rejoindre dans un réflexe de survie ? Raphaëlle et Jenny qui ont encore le sens du devoir vont-elles l’appeler et l’inviter afin qu’il ne soit pas seul ? Dieu seul le sait. Moi, ce n’est plus mon problème.

Je téléphone encore à La Mère par devoir. Je ne me sens aucune obligation pour Le Père.
Quatrième Commandement.


AMEN

Ligne de conduite

Publié le 13/11/2008 à 12:00 par familysecret
Me projeter dans l’avenir. Profiter de la vie. Vivre. Goûter à la vie. Penser à mon ou mes plaisirs. Ecouter mon corps, mes besoins, mes désirs. Rire et même très fort. Donner mon avis. Apprendre à dire non. Augmenter l’estime que j’ai de moi-même. Me faire des compliments. Me faire respecter. Me respecter. Penser à ma fille et lui donner tout l’amour qu’il m’a manqué. Dépenser de l’argent pour moi. M’aimer. Accepter mon physique. Me mettre en valeur. Prendre soin de moi. Prendre de la distance. M’affirmer. Respirer. Prier. Demander l’impossible à Dieu. Croire que tout est possible…


Ne jamais oublier. Ne plus mentir sur ma vie passée. Ne plus mettre les pieds chez les marabouts et autres pseudos voyants. Ne pas faire subir à ma fille ce que j’ai vécu. Ne pas me laisser abattre. Ne pas me laisser entraîner dans la pathologie parentale. Ne rien faire par obligations. Ne plus craindre de façon consciente ou inconsciente l’autorité parentale. Ne pas céder à des pseudos « devoirs » familiaux. Ne plus me laisser écraser par les langues fourchues de la famille. Ne plus être la « fille idéale » selon la Sainte-Famille…



ETRE MOI

Perdre ses affaires

Publié le 27/10/2008 à 12:00 par familysecret
Acte 1.
Je dois avoir 7 ans. C’est l’automne ou l’hiver car je porte un gros anorak couleur prune. Jeudi matin. C’est l’heure de partir pour l’école. Je ne retrouve pas mon anorak. Je commence à paniquer car je crains la scène d’hystérie et la sentence qui risque de tomber. La Mère s’aperçoit bien vite de la situation. La crise d’hystérie ne tarde pas à arriver. Elle se met à chercher à grands mouvements cet anorak. Corinne attend patiemment sans rien dire. Je sais qu’elle sait que j’ai peur. Nous devons partir si nous ne voulons pas être en retard. Ca y est, l’explosion a lieu. A gros coups de ceinture, La Mère veut m’apprendre à ne pas oublier mes affaires. Elle hurle que j’ai oublié mon anorak hier à la piscine. Je pleure à grosses larmes et tandis que j’évite les coups, je ne peux m’empêcher de penser que je me serais aperçu de cet oubli dès que j’aurais mis le nez dehors. Il fait froid dehors. Les larmes m’empêchent de parler. J’essaie surtout d’éviter la boucle de la ceinture qui m’a déjà écorché le visage. Les coups pleuvent. Comme toujours, La Mère se déchaîne. Cela s’arrête enfin. La Mère me jette un autre manteau qui dans mes souvenirs appartient à Corinne. Nous partons toutes les deux. La Mère apparaît dans le couloir et me hurle que j’ai intérêt à m’arrêter de pleurer tout de suite. Je ne gémis plus mais je ne peux pas m’arrêter de pleurer. J’ai reçu trop de coups et je crains le regard de mes camarades lorsqu’ils verront mon visage écorché. Je me souviens du visage de cette voisine dans l’ascenseur, une dame blonde, la femme de celui que Les Parents appellent « paysan ». Elle me lance des regards apitoyés. Je sens qu’elle me comprend et je trouve dans ses yeux le réconfort qu’il me manque…
Acte 2
L’heure du goûter. Aux questions que lui pose La Mère à propos de mes « pleurnicheries », Corinne raconte de quelle manière j’ai continué à pleurer et comment la femme de « paysan » me regardait. Je garde la tête baissée dans la crainte d’une nouvelle crise d’hystérie.
Acte 3
Avant de passer à table. La Mère s’adresse à moi. « Au fait Pierrette, ton manteau n’était pas perdu, c’est ton papa qui est rentré hier soir qui a posé son manteau sur ton anorak. Tu pourras le mettre demain ». Mon cœur d’enfant est soulagé. Je ne suis pas coupable.

Ma première journée au Château de Versailles. Merveilleuse journée. Un pique-nique avec toute la classe. Je suis au CM1. Parfois quand Les Parents sont loin, je me sens une petite fille comme les autres. Je m’autorise à rire, à jouer avec tout le monde, filles et garçons, à courir, à sauter, à me rouler dans l’herbe…Merveilleuse journée… Le soir en rangeant mes affaires La Mère s’aperçoit que je n’ai pas la ceinture de mon imperméable. La peur m’envahit. Je l’ai perdue en jouant et je ne l’ai pas vu. La porte de l’armoire s’ouvre. La Mère, hystérique, s’approche la ceinture à la main…


Je reviens de chez ma psy. Ce soir, nous avons essayé de savoir comment et pourquoi, à certaines périodes, je perds mes affaires. Depuis le temps qu’elle me suit, ce n’est pas la première fois que je perds mes affaires. J’ai déjà à maintes reprises faillit oublier des affaires chez elle. « Cela ne m’a jamais servie à rien d’être frappée, je continue aujourd’hui encore je continue à perdre mes affaires. C’est la première fois que je lui parle de ces deux évènements. C’est la première fois que je les rends publics.

Un pas en avant deux pas en arrière

Publié le 23/10/2008 à 12:00 par familysecret
Je me réjouis depuis quelques temps de voir les progrès que je fais. Je commence à me débarraser de certaines de mes terreurs. Certaines d’ailleurs ont complètement disparues. Ainsi, je peux désormais descendre seule à la cave de notre immeuble. Je ne crains plus d’y rencontrer des esprits, mon imagination ne me fait plus sursauter ou courir au moindre bruit. Depuis peu, une de mes plus grandes angoisses s’atténue. Mon amoureux n’en revient pas. Il n y croyait plus lui qui avait tout fait pour essayer de m’aider. Il y a 3 ans, excédé, il avait baissé les bras et très en colère m’avait demandé de renoncer. Je suis fière de lui parler de mes progrès. J’en parlerai avec plaisir sur ce blog lorsque cela fera parti du passé.

En 11 ans, Jenny n’a jamais mis les pieds chez moi. Nous sommes restées fâchées durant un an entre 1997 et 1998. Depuis nous communiquons par mails à de rares occasions, des SMS ou des conversations téléphoniques lorsque cela est nécessaire. Nous nous voyons au maximum une fois par an chez Les Parents. Nous nous tenons à distance l’une de l’autre et je pense que cela vaut mieux. Pourtant, c’est à elle que j’ai demandé de lire la première Lecture au cours de la messe de baptême de ma puce. Mon amoureux y a vu une grande avancée. Après 7 ans de psychanalyse, je pense également que j’avance, doucement mais sûrement.

Pourtant…

Cela m’arrive par période depuis des années. Depuis la rentrée, je perds mes affaires. Pas n’importe lesquelles. Pas ma liste de courses ou mon paquet de mouchoirs. Non, uniquement des choses importantes, vitales, indispensables pour moi, mon travail, les autres. Uniquement des choses que je ne dois absolument pas perdre. Comment, je les perds ? Aucune idée. Je ne m’en aperçois que bien longtemps après. Lorsque j’essaie de repasser en mémoire ma journée, je n’arrive pas à m’expliquer comment j’ai pu perdre mes affaires. Comment est-ce possible ? Qu’est ce que j’ai pu faire pour perdre quelque chose de si précieux, de si important pour moi?

C’est comme si je ne pouvais pas avancer sans être punie en retour.

Vendredi dernier, j’ai fait 3 cauchemars dans la même nuit. Dans le premier, j’étais dans une salle non éclairée. L’atmosphère était grisâtre. Etait-ce la nuit ou bien le temps était-il gris ? Je hurlais. Je criais le nom de Tita de toutes mes forces et je l’insultais avec une haine incommensurable. Je la traitais non seulement des noms les plus infâmes et les plus grossiers mais je me souviens que je lui souhaitais d’être en enfer et de souffrir pour l’éternité. Plus je hurlais, plus cela m’était agréable. Tout à coup, deux esprits pénétraient avec violence dans la pièce, l’un me liait les mains tandis que l’autre tentait de faire la même chose avec mes pieds. Je me débattais avec violence mais sentais bien que je n’avais pas le dessus… Je me suis réveillée en sursaut avant qu’ils aient eu le temps de m’emmener. Les deux autres rêves sont moins significatifs mais tout aussi violents. Je crois que cette nuit symbolise bien ma vie. Derrière mes avancées et une vie quotidienne propre à d’autres humains, je traîne derrière moi des fardeaux qui me pèsent et m’handicapent.

Une vieille prière me revient en mémoire :

« Jusques à quand, Éternel ! m'oublieras-tu sans cesse ?
Jusques à quand me cacheras-tu ta face ?
Jusques à quand aurai-je des soucis dans mon âme,
Et chaque jour des chagrins dans mon coeur ?
Jusques à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ? »
(Psaume 13)

Les bras ouverts d’une mère

Publié le 14/10/2008 à 12:00 par familysecret
Message sur mon portable. Je mets un temps à reconnaître la voix. C’est La Mère. Comme d’habitude elle fait 10 phrases pour en signifier une, s’emmêle les pinceaux, se reprend, et finit par me faire comprendre le but de son appel : elle est à l’aéroport, décolle pour la Martinique dans une heure et m’appelle pour me souhaiter un bon anniversaire. Elle chante même le fameux chant traditionnel « Joyeux anniversaire, joyeux anniversaire, joyeux anniversaire Pierrette, joyeux anniversaire ! » Suivent un flot de gros bisous et autres mamours. J’écoute tout ça sans broncher. Je suis au boulot, me suis accordée une pause pour téléphoner à…à qui déjà ? J’ai oublié. J’ai vu que j’avais un message sur mon portable et l’ai écouté.

Cela fait environ 6 ans, l’âge de ma première nièce, que La Mère s’est mis à nous coller du « Ma chérie », des « gros bisous », des discours sur son amour de mère. Je l’entends plus que je ne l’écoute. Ses discours hypocrites me laissent complètement indifférente. Je n’y réponds jamais, je n’ai aucune envie de jouer le jeu de la « famille idéale ». Je me demande tout de même si cela ne lui écorche pas la bouche, elle qui n’était qu’insultes, humiliations, coups,…Croit-elle que nous allons nous construire un passé que nous n’avons pas eu ? Que l’amnésie va nous saisir ?


J’ai 5 ans. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous sommes dans un parc avec des cousines et nos mères. Je n’ai aucun souvenir du Père ce jour là. C’est la première fois que mes sœurs et moi voyons des balançoires de près et comble du bonheur nous avons le droit d’y monter. Il n’y a pas assez de balançoires pour nous toutes alors nous y allons à tour de rôle. Je cède ma place après quelques balancements et encore toute émerveillée je reste bien en face pour regarder le sourire de mes sœurs et de mes cousines. Je n’ai que 5 ans et ne m’aperçois pas que je suis placée trop près de la balançoire. Brusquement, je ressens une douleur extrême sur le front. Partie vers l’arrière, la balançoire est revenue m’exploser le front. Sous le choc, j’ai reculé de quelques centimètres. Hébétée, j’ai le réflexe de partir. Je tourne les talons mais trop tard, le deuxième coup sera pour mes omoplates. La balançoire a eu le temps de revenir. Deux filles métropolitaines, deux « grandes » qui ont aperçu la scène viennent me voir bienveillantes. Elles m’emmènent vers la fontaine du parc. De leur voix douce elles me disent de me passer de l’eau froide sur le front, là où ça fait mal. J’obéis par habitude et parce que la douleur est telle que je suis prête à faire n’importe quoi. « Va voir ta maman, elle va te consoler » continuent-elles. Elles sont si gentilles que j’en oublie tout. Je m’avance vers « ma maman » qui lorsqu’elle me voit se met à me houspiller. « Oh mais pourquoi tu es toute mouillée comme ça, c’est n’importe quoi ! » Elle se met d’autant plus à crier que nous sommes en public et que c’est l’occasion pour elle de se donner en spectacle. Elle me reproche non seulement de m’être approchée de la fontaine et de m’être mouillée mais en plus d’avoir une grosse bosse qui me défigure le visage. « C’est n’importe quoi ! » Je baisse la tête et ne dis rien. Je suis coupable d’avoir eu mal et d’avoir écouté les deux grandes filles. La première surprise passée, mes deux fées se sont éclipsées un peu gênées. C’est drôle qu’avec le temps j’ai oublié leur visage mais je me souviens parfaitement de ce que leur expression exprimait.
L’heure du parc est finie. Nous rentrons. Je marche devant, je suis isolée pour que l’opprobre soit public. La Mère, mes sœurs, ma tante et mes cousines suivent derrière. J’entends la voix de La Mère qui me poursuit de ses reproches. Je ne l’écoute pas. Je n’écoute que ma grande solitude. Pour la première fois, je me rends compte que j’aurais aimé avoir une maman qui me prenne dans ses bras, me console et essaie de soigner mes douleurs. Pour la première fois je réalise que j’aurais voulu avoir une autre maman. Et mon cœur se ferme, dans ce parc, à cet instant. Ilse ferme pour ne plus rien avoir à attendre des autres et surtout pas de ma mère et de mon père.

2 jours plus tard. Dans la cour de la maternelle avec La Mère qui m’a accompagnée. Les institutrices sur le seuil de la porte accueillent les parents et les enfants. La Mère appuie sur ma bosse en sachant que cela me fait mal –il faut bien que la punition dure- « Vous avez vu ce qu’elle s’est fait ? Vous avez vu ? »


Il y a certains souvenirs qu’il est inutile d’évoquer avec Les Parents. Par moment, ils souffrent d’amnésie totale.
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 | >>> | Dernière page